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5 décembre 2014

S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 2 décembre 2014

SAV megamix party vol.747 (rien que ça), cette semaine, avec une sélection variée de vieux morceaux. Au programme : de vieux groupes de punk (Fhedolts, Traste & Superstarama, Cicatriz, The Government, Sods), du hardcore (Angry Samoans, Meat Puppets, Red Cross, Declino, Reagan Youth), deux figures majeures de la scène riot grrrl (The Fakes, The Frumpies), du post-punk parfois dansant (The Au Pairs, Fender Buddies, Cigarettes, Sexy Angels) parfois bizarre (Front, Inflatable Boy Clams) et des tubes indie (The VSS, Lydia Lunch and Rowland Howard, Patti Smith, Yo La Tengo, The Scrotum Poles). Le tout, à écouter et à télécharger à partir des liens ci-dessous (playlist détaillée à la suite) :


Pour télécharger l'émission, cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous")

Playlist :

FRONT : Blech und liebe
FENDER BUDDIES : Poolside
FHEDOLTS : Herating
TRASTE & SUPERSTARAMA : Pengar
THE FAKES : Identity smidentity
ANGRY SAMOANS : My old man's a fatso
CICATRIZ : Enemigo publico
THE VSS : I cut my teeth
MEAT PUPPETS : Foreign laws
FECAL MATTER : Unknown #3
INFLATABLE BOY CLAMS : Skeletons
LYDIA LUNCH AND ROWLAND HOWARD : Some velvet morning
PATTI SMITH : Because the night
YO LA TENGO : Return to hot chicken
THE SCROTUM POLES : Pick the cat's eyes out
CIGARETTES : Oh! oh! oh!
SEXY ANGELS : Atoms for energy
THE GOVERNMENT : Hemingway hated disco music
THE AU PAIRS : We're so cool
THE FRUMPIES : Malice and discontent
SODS : Television sect
RED CROSS : S&M party
DECLINO : Mortale tristezza
REAGAN YOUTH : Go nowhere

10 mars 2013

La Chanson de la semaine (135) : Orphans (TEENAGE JESUS & THE JERKS)

Figure culte de la scène no-wave new-yorkaise, TEENAGE JESUS & THE JERKS n'a laissé de sa brève existence qu'une poignée de singles. Formé par Lydia Lunch et James Chance (accompagnés à la basse et à la batterie par Reck et Bradley Field), le groupe fut actif de 1976 à 1979 et son objectif le plus constant fut de créer une musique sombre, dissonante, bruitiste qui se voulait plus radicale et plus transgressive que le punk. Sorti au printemps 78, "Orphans" est le premier single du groupe (antérieur à la sortie des morceaux de la compil' No New-York initiée par Brian Eno). Les ingrédients de ce classique sont aussi simples qu'efficaces : trois notes de basse répétées compulsivement, un batteur qui martèle le temps comme un sourd, une guitare dont le but avoué semble être de faire le plus de bruit possible et une Lydia Lunch qui s'époumone deux minutes durant en répétant la même petite comptine cruelle ("Little orphans running thru the bloody snow"). Un tube à la sauce no wave, quoi.

29 avril 2010

La Chanson de la semaine (1) : Some velvet morning (Nancy Sinatra et Lee Hazlewood/Lydia Lunch et Rowland S. Howard/Primal Scream)

Pour cette première édition de "la chanson de la semaine", voila ce qu'on appelle un classique : une chanson maintes et maintes fois reprise et adaptée par ses différents interprètes. Le morceau est composé en 1967 par Lee Hazlewood et chanté en duo avec Nancy Sinatra. Il est certes remarqué à l'époque mais n'atteint pas vraiment les sommets des charts. Pourtant, dès 1968, il connaît l'honneur de sa première reprise, une version instrumentale jouée par Gabor Szabo. Par la suite, on compte facilement une vingtaine de reprises officielles et la chanson est une référence pour beaucoup de personnes.
C'est l'occasion de se demander ici ce qui peut bien faire d'une simple chanson un "classique". D'abord, il y a le texte (pour les paroles complètes, voir ici). Ce dernier reste très énigmatique. Il met en scène deux personnages : le premier est un homme, un vagabond qui évoque une certaine Phaedra dont la rencontre aurait été déterminante pour lui ; le second est cette Phaedra en question, sorte de déesse de la nature, membre d'une mystérieuse communauté ("nous"...). En quelques phrases, tout un univers est créé, deux figures mystérieuses très fortes. Et qui est cette Phaedra ? On voit mal le rapport immédiat avec le personnage de Phèdre (Lee Hazlewood a pu être marqué par le film "Phaedra" de Jules Dassin, sorti en 1962...).
Deuxièmement, il y a la musique. La voix de chacun des deux personnages est associée à une instrumentation très différente. Entre les deux parties, on change même de mesure : 4 temps sur les couplets, 3 sur les refrains. D'un côté, une instrumentation puissante (avec un petit côté musique de western à la Ennio Morricone) sur les couplets, avec la voix de crooner de Lee Hazlewood. De l'autre, la voix de fausse ingénue du refrain avec un côté comptine enfantine. Que dire du final quand les deux s'entrecroisent de façon très étrange ? On comprend que le morceau n'ait pas eu un immense succès à l'époque : trop bizarre, au fond. Par contre, tout était réuni pour fasciner durablement ses auditeurs les plus attentifs.
Ceci dit, assez blablaté et passons à la musique, avec les trois versions les plus réussies et les plus marquantes de ce classique (à mon humble avis).

1. D'abord, honneur à l'original, avec la version magnifique de Lee Hazlewood et de Nancy Sinatra :



La vidéo réalisée à l'époque donne le ton : Lee Hazlewood en cowboy solitaire et Nancy Sinatra en personnage surnaturel. Le lien, ici: http://www.youtube.com/watch?v=Sb-SVPJM4L4.

2. La deuxième version que j'ai choisie est celle de Lydia Lunch et de Rowland S. Howard (membre, notamment, des célèbres The Birthday party), deux figures on ne peut plus marquantes et fascinantes elles aussi ! Cette version, bien qu'assez fidèle tout de même, est beaucoup plus sombre. Fini le cowboy solitaire en pleine nature, nous voilà plongés dans les bas-fonds new-yorkais ! Rowland S. Howard est parfait dans le rôle du crooner-voyou et Lydia Lunch de même dans le rôle de la fausse ingénue. A noter, un final d'une minute supplémentaire assez chaotique. C'est cette version par laquelle j'ai découvert le morceau.



3. Enfin, une version plus contemporaine, celle des Primal Scream (qui, eux mêmes, en ont livré deux versions différentes), avec Kate Moss dans le rôle de Phaedra. La version la plus éloignée de l'original. Ici, plus question d'Ennio Morricone mais d'un morceau d'électro puissant. Le chant de crooner de Hazlewood et d'Howard cède place aux susurrements de Robert Gillepsie. Fini le côté bancal des premières versions, tout est rééquilibré dans un pur souci d'efficacité. Je ne résiste pas, ici, au plaisir de vous mettre la vidéo avec Gillepsie en adoration devant Kate Moss :