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24 décembre 2011

Le S.A.V. 2011 (2/5) : Folk et autres...

Il n'y a pas que le punk et le rock indé dans la vie... 2011 a aussi eu son lot de très beaux disques folk ou de musiques disons plus acoustiques. Du côté des post-rockeux du label Constellation (qui sort de moins en moins de post-rock justement et qui semble s'orienter vers un registre plus "folk"), l'année a été bonne et éclectique, par exemple. A retenir, tout particulièrement : le très bel album de Matana Roberts, Gens de couleurs libres, à mi-chemin entre free-jazz, théâtre et post-rock, la musique fascinante et touchante du duo montréalais Esmerine (dont l'album La Lechuza est sorti en juin dernier) ou encore le nouvel album des folkeux californiens de Siskiyou, Keep away the dead. On peut ajouter à cette liste, sur d'autres labels, la dark folk de Weyes Blood et les mélodies aussi belles que glaciales de The Outside room ou encore le nouvel album de Stranded Horse, Humbling Tides. Côté coup de coeur, enfin, les deux disques sortis par Michael Beach (A Horse et Mountains + Valleys), à la croisée du folk et du rock indé.

MATANA ROBERTS, "Pov' Piti" (Coin Coin Chapter one : Gens de couleurs libres, Constellation) :
 
ESMERINE, "Walking through mist" (La Lechuza, Constellation) :
 
SISKIYOU, "Twigs and stone" (Keep away the dead, Constellation) :
 
WEYES BLOOD, "Romneydale" (The Outside Room, Not Not Fun) :
 
STRANDED HORSE, "Shields" (Humbling Tides, Talitres) :
 
MICHAEL BEACH, "Mountains+Valleys" (Mountains+Valleys, Twin Lakes records) :
 

29 janvier 2011

La Chanson de la semaine (38) : Shields (Stranded Horse)

Je souffre d'un étrange mal : voilà maintenant plus de vingt-quatre heures que j'ai la même chanson qui tourne en rond dans ma tête. En marchant dans la rue, dans le métro, chez moi, en mangeant, allongé dans mon lit, à la caisse d'un supermarché, c'est toujours la même chose, toujours la même musique qui revient inlassablement. En même temps, quand on est hanté par une chanson aussi belle que "shields" (et pas par une merde, comme c'est si souvent le cas dans pareille situation...), j'imagine que je dois être chanceux. Ce morceaux est extrait du nouvel album de (Thee) Stranded Horse, Humbling Tides, sorti la semaine dernière sur le label bordelais Talitres (sur lequel on trouve quelques fines fleurs de la folk actuelle, comme Emily Jane White). Si vous suivez mon émission sur Radio Canut, vous en avez déjà entendu deux extraits récemment. Derrière cet étrange nom ("cheval échoué" ?) se cache Yann Tambour (qui était déjà derrière Encre), jouant sur tout l'album d'un étrange instrument africain à cordes appelé "kora" (voir photo) qui donne ce son si particulier à sa musique (entre la guitare acoustique et la harpe - façon Joanna Newsom - je dirais...) et le singularise nettement au milieu de la vague de musiciens folk de ces dernières années. Il crée une musique calme, un peu intemporelle, propice à la rêverie (du genre de celle qui vous propulse dans des terres perdues à l'autre bout du monde - mais c'est souvent l'effet que produit sur moi la musique folk). Parfois, sur cet album, sur "Shields" notamment, il est accompagné au violon par Carla Palone (du groupe Mansfield Tya) et, le moins qu'on puisse dire, est que l'association est parfaite. Voilà qui fait, entre autres raisons, de ce morceau mon préféré de l'album. Voilà qui explique aussi pourquoi je n'arrive plus à me l'enlever de la tête. Je tente ici un étrange exorcisme. En espérant vous transmettre le virus...

  STRANDED HORSE -Shields by TALITRES

A noter que ce morceau est téléchargeable gratuitement sur le site du label Talitres, en échange de votre adresse e-mail : http://audio.talitres.com/shields/
Pour info, Stranded Horse se lance dans une grande tournée avec tout plein de dates en France (à voir sur son mybidule). Il jouera notamment à Lyon, le 23 février, au grrrnd zero gerland (en compagnie de Haruko).