Seize minutes de musique quasi-instrumentale cette semaine... Sur le papier, le pari est toujours risqué et on a tous en tête quelques foirages complets de rock progressif à tendance psychédélique dans les années 70. Rien de ça ici : on ne s'ennuie pas une seule seconde pendant tout ce morceau. La musique est tendue, orageuse, explosive et vous met les nerfs en pelote jusqu'au bout. Difficile de ne pas lancer le qualificatif de "post-rock" à propos de ce morceau et on pense bien sûr au meilleur du genre, aux premières heures du label Constellation par exemple (on est bien plus proche, ici, des grandes épopées à la sauce montréalaise qu'aux ambiances de la scène de Chicago façon Tortoise) ou quelques illustres représentants français du genre type Bästard. Le tout est joué avec une énergie et dans un esprit qui rapproche le groupe de la scène punk DIY. Le groupe Llamame la Muerte est un duo du Mans. L'album dont est extrait le morceau ci-dessous est sorti à la fin de l'année dernière en coprod par tous plein de chouettes micro-labels diy (Et mon cul c du tofu, Aïnu records, Attila Tralala, Donnez moi du feu, Emrenadur records, J'appelle les flics, No way asso, Rmb rmb, Tocsin records). Ah oui ! j'allais oublier le meilleur : le groupe est en tournée pour une quinzaine de dates fin avril/début mai et viendra notamment jouer à Lyon le 10 mai, à la Triperie (pour connaître les autres dates, voir le site du groupe).
LLAMAME LA MUERTE, Si suenos y rabia no existen mas :
Dispo dans toutes les bonnes distros (ici, par exemple)
Et en téléchargement libre ici : télécharger/download
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7 avril 2012
1 avril 2012
La Chanson de la semaine (95) : The Changing wind (ELFIN SADDLE)
La musique d'Elfin Saddle est un drôle de mélange, le croisement improbable entre musiques expérimentales et musiques traditionnelles, folk à tendance hippie et post-rock post-apocalypse. Les instrumentations de chacun de leurs albums sont toujours complexes et, pourtant, il se dégage quelque chose d'assez direct de cette musique. Leurs textes, tour à tour chantés en anglais et en japonais par Emi Honda et Jordan McKenzie, sont un mélange assez bizarre de primitivisme, de mysticisme et d'anarchisme. Rajoutez à tout ça une petite touche arty et je suis sûr que bon nombre d'entre vous auront déjà lâché l'affaire. Ce serait un tort. Certes, le résultat est parfois déroutant et il faut bien admettre que le genre est casse-gueule mais, le plus souvent, il est surtout fascinant. Suffisamment, en tout cas, pour que j'attende avec curiosité chaque nouveau disque du duo montréalais et reste un moment, aussi perplexe à chaque fois, à balancer entre scepticisme et enthousiasme. A écouter, ci-dessous, un extrait du dernier album du groupe, Devastates, sorti au début de ce mois de mars. Ah oui, et comme vous auriez déjà pu vous en douter, le disque est sorti sur le label Constellation...
...et, sinon, pour télécharger ce morceau : voir ici
...et, sinon, pour télécharger ce morceau : voir ici
27 novembre 2011
La Chanson de la semaine (81) : Gens de couleurs libres (MATANA ROBERTS)
"Gens de couleurs libres", le dernier album en date de Matana Roberts, sorti ce printemps par le label montréalais Constellation, n'est vraiment pas un disque comme les autres. C'est une Babel de langues, de genres musicaux et de registres. Saxophoniste renommée, née à Chicago, Matana Roberts a rassemblé pour ce projet une quinzaine de musiciens autour d'elle (parmi lesquels on reconnaît certains membres de groupes comme Godspeed You Black Emperor) pour créer une sorte d'hybride entre free jazz, post-rock et chansons traditionnelles, une musique à la fois moderne et puisant dans les racines de la musique noir américaine, une sorte de longue improvisation enregistrée en public à l'Hotel2Tango, à Montréal, le 9 juillet 2010, lors d'une performance où se mêlaient musique et théâtre. Cette représentation, de 90min à l'origine, a ensuite été ramené à un album d'une heure. Le résultat est ce disque singulier et fascinant dont je vous propose d'écouter une sorte de montage réalisé à l'occasion de la sortie du disque :
Matana Roberts - Coin Coin Chapter One MIX by Constellation Records
Matana Roberts - Coin Coin Chapter One MIX by Constellation Records
20 novembre 2011
La Chanson de la semaine (80) : Santa Lucia + Pekisch organ (ULAN BATOR)
A ses débuts, au milieu des années 1990 (le groupe se forme à Paris en 93), la musique d'Ulan Bator était essentiellement instrumentale. Le trio parisien (formé autour d'Amaury Cambuzat et d'Olivier Manchion) proposait un post-rock sombre, nerveux et bruitiste. Avec les lyonnais de Bästard, on les présente souvent comme le pendant français de groupes de l'époque comme Slint ou Mogwaï. C'est progressivement que le chant est devenu une des composantes essentielles de leur musique, pour le meilleur (Végétale, Ego:Echo) ou pour le pire (Nouvel air). Intéressons nous au meilleur. "Santa Lucia" est extrait de l'album Ego:Echo, sorti en 2000 et produit par Michael Gira (du groupe Swans). Le morceau est en deux parties : tendu, explosif dans la première partie, il bascule brutalement vers un final menaçant parcouru de déflagrations électriques. "Pekisch Organ", tiré lui de l'album Végétale, est sûrement un des chefs d'oeuvre du groupe : un morceau qui, à lui tout seul, a plus d'idées, plus de variations et de couleurs que n'en ont certains albums en entier. La tension n'y cesse de monter. On en ressort les nerfs en pelotte, un peu groggy. Sûrement un de mes meilleurs souvenirs de concerts de l'époque... J'en garde le souvenir d'être un peu parti. Le groupe, aujourd'hui, est toujours en activité, même s'il ne reste plus qu'Amaury Cambuzat du line-up originel. Après quelques disques moyennement convaincants, leur petit dernier Tohu Bohu (sorti sur le label de Cambuzat "Acid Cobra Records") vaut largement le détour, lui aussi.
Ulan Bator - Santa Lucia (Ego:Echo, 2000) :
Ulan Bator - Pekisch Organ (Végétale, 1997) :
Pour écouter un autre extrait de l'album Végétale : aller ici
Ulan Bator - Santa Lucia (Ego:Echo, 2000) :
Ulan Bator - Pekisch Organ (Végétale, 1997) :
Pour écouter un autre extrait de l'album Végétale : aller ici
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16 avril 2011
La Chanson de la semaine (49) : Our lady of parc extension and her munificent sorrows + Chickadees' roar pt.2 (Efrim Manuel Menuck)
Après s'être investi dans une multitude de projets, collectifs et groupes marquants, de Godspeed You Black Emperor à Thee Silver Mount Zion Memorial Orchestra, Efrim Manuel Menuck sortira son premier album solo "High Gospel", le 24 mai prochain, sur le label Constellation. Les deux extraits suivants qu'on peut déjà écouter ont de quoi nous rendre impatients ! On y retrouve tout ce qui caractérise "le style Efrim" : de vastes paysages sonores, des guitares saturées de delays, un chant qui tient plus de la scansion que de la mélodie articulée, des morceaux qui ne cessent de progresser en intensité, tenant toujours ce fragile équilibre entre émotion, lyrisme et emphase. Tandis que "Our lady of parc extension..." ne dépaysera pas trop les fans des deux groupes pré-cités, "Chickadees roar pt.2" est, lui, une longue plage instrumentale d'"ambiance" pourrait-on dire qui débute très haut perchée et s'achève dans des "fields recordings". Le tout est à écouter ci-dessous :
our lady of parc extension and her munificent sorrows by Constellation Records
chickadees' roar pt. 2 by Constellation Records
our lady of parc extension and her munificent sorrows by Constellation Records
chickadees' roar pt. 2 by Constellation Records
12 mars 2011
La Chanson de la semaine (44) : Letters to the metro (Mogwai)
Le nouvel album de Mogwai, Hardcore will never die but you will, que le groupe vient juste de sortir sur son label Rock Action, n'est peut-être pas le meilleur disque du groupe. Il n'atteint sans doute pas les hauteurs de CODY ou de Young Team - les deux premiers et sans doute les deux meilleurs albums du groupe qui posèrent les bases de ce post-rock propre au groupe, ce mélange de lourdeur et de légèreté, de mélancolie et de charges furieuses au travers de longues plages instrumentales, entre suspension et explosion. Ce nouvel opus des écossais n'en vaut pas moins le détour. Certes, je reste peu emballé par l'utilisation de synthé sur plusieurs morceaux ou par certaines facilités et répétitions que n'évite pas toujours le groupe. Pourtant, quand on écoute un morceau aussi beau que ce "Letters to the metro", on reste subjugué comme aux premières heures par le talent dont sait faire preuve ce groupe. Ce titre justifie, à lui seul, de se pencher sur ce nouvel album. Porté par quelques accords plaqués de piano, le morceau progresse par boucles. Mogwai y excelle à créer, avec peu d'effets, une atmosphère très forte, à la fois apaisée et mélancolique, et, dès les premières secondes, on est pris par cette musique. L'effet est très vite addictif...
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11 janvier 2011
S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 11 janvier 2011 avec .CUT
Une émission spéciale de S.A.V., cette semaine, avec Albérick comme invité, venu nous parler de son projet musical en duo .CUT Featuring GIBET mais aussi de groupes sortis sur son label Walnut Locust (This Quiet Army, Cloudscapes, Rei Rea) ou d'un autre projet intitulé Montreal Nintendo Orkestar. Au passage, vous pourrez aussi entendre, dans le podcast ci-dessous, des groupes comme Set Fire to Flames et Autechre. Bref, une émission branchée musiques expérimentales, à mi-chemin du post-rock et de l'électro/ambient, pour oreilles aventureuses ! Le podcast, ci-dessous, en libre écoute/téléchargement et la liste des morceaux est à suivre dans les commentaires :
Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")
Quelques liens et infos pour compléter l'émission :
.Cut Featuring Gibet seront en concert le mardi 18 janvier au grrrnd zero gerland, à 20h30 (en compagnie de Black Packers, Loup et Kaumwald), puis le vendredi 4 février à St-Etienne, au café Le Remue-Méninge (avec Chat Ours). Leur nouvel album "Le Monstre qui n'avait pas de nom" sort dans les prochains jours et devrait être dispo à la fin de ces concerts.
Sinon, le site du groupe : http://www.dotcut.org/
Le site du label Walnut Locust : http://www.walnutlocust.com/
Le site de Montreal Nintendo Orkestar : http://www.myspace.com/montrealnintendoorkestar
Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")
Quelques liens et infos pour compléter l'émission :
.Cut Featuring Gibet seront en concert le mardi 18 janvier au grrrnd zero gerland, à 20h30 (en compagnie de Black Packers, Loup et Kaumwald), puis le vendredi 4 février à St-Etienne, au café Le Remue-Méninge (avec Chat Ours). Leur nouvel album "Le Monstre qui n'avait pas de nom" sort dans les prochains jours et devrait être dispo à la fin de ces concerts.
Sinon, le site du groupe : http://www.dotcut.org/
Le site du label Walnut Locust : http://www.walnutlocust.com/
Le site de Montreal Nintendo Orkestar : http://www.myspace.com/montrealnintendoorkestar
9 janvier 2011
La Chanson de la semaine (35) : Harry Truman will never die (.CUT featuring GIBET)
.Cut featuring Gibet est un duo montréalo-lyonnais qui pratique, depuis 2003, une musique instrumentale à la croisée de l'électro/ambient et du post-rock. Un morceau comme "harry truman will never die" évoque inévitablement des noms prestigieux comme Mogwaï ou Godpseed You Black Emperor (ce qui n'est pas pour me déplaire...) tout en s'en démarquant par l'absence de section rythmique. Ils viennent juste de sortir un split avec le lyonnais Fragment et s'apprêtent à diffuser un nouvel album. Cut (aka Albérick) étant de passage dans la région lyonnaise en ce moment, le duo se produira en concert le 18 janvier au grrrnd zero gerland et le 4 février à St-Etienne (plus d'infos sur leur site dotcut.org). Il sera l'invité de la prochaine émission de S.A.V., ce mardi 11 janvier, de 17h à 18h, pour présenter à la fois ce nouvel album, parler de ses autres projets musicaux et nous présenter quelques groupes montréalais inconnus (ou presque) dans nos contrées. En attendant donc de découvrir d'autres morceaux de .Cut featuring Gibet sur Radio Canut mardi prochain, dans une émission spéciale expérimental/ambient/post-rock, je poste ci-dessous une vidéo live de l'excellent "harry truman will never die", de quoi à la fois vous inciter à écouter la prochaine émission S.A.V. et de vous déplacer au grrrnd zero le 18/01 :
27 décembre 2010
Les Albums de l'année 2010 (2) : Gun Outfit, Elfin Saddle
Deuxième série d'albums sortis en 2010, de groupes nettement moins connus, cette fois-ci. Deux découvertes marquantes de l'année, dans un genre très différént, à (re-)découvrir en musique ci-dessous :
- GUN OUTFIT, Possession Sound (PPM records) : Une des très bonnes découvertes rock indé de cette année ! Le genre de groupes qu'on n'attendait pas, on retient vaguement son nom après avoir lu un fanzine puis on écoute quelques mesures d'un morceau sur internet et, hop !, on se retrouve à les voir deux fois de suite en concert à trois semaines d'intervalle et on devient totalement accro à son disque, écoutant jusqu'à dix fois par jour le superbe morceau "Phaedra" dont on se dit, avec le recul, que c'est assurément l'une des meilleures choses qu'on ait entendu cette année. Je vous parlais déjà avec enthousiasme de ce groupe ici-même il y a quelques semaines et je vous renvoie à ce que j'écrivais alors pour plus d'infos... (voir : http://seul-avec-vous.blogspot.com/2010/10/la-chanson-de-la-semaine-26-phaedra-gun.html) Je vous mets "New Love Thunder" à écouter ci-dessous et rajoute "Phaedra" à la suite, juste pour être sûr que vous irez bien écouter le morceau !
- ELFIN SADDLE, Wurld (Constellation records) : Une vraie curiosité, ce petit disque (trois titres seulement, mais pour une demi-heure de musique, au final), sorti chez Constellation, en édition limitée accompagnée d'un court-métrage réalisé par les deux membres du groupe (Emi Honda et Jordan McKenzie) - la musique du premier morceau, longue pièce instrumentale de 15min et quelques, étant la bande-son du film. Essentiellement instrumentale (contrairement au précédent disque du groupe, le génial Ringing for the begin again, sorti l'année dernière), Elfin Saddle joue une musique à la fois organique et expérimentale à base d'étranges instruments. Autant dire que c'est le genre de musique qui ne peut véritablement s'apprécier que sur toute sa longueur. Alors, un conseil, installez-vous confortablement et prenez le temps d'écouter tranquillement Wurld :
12 novembre 2010
La Chanson de la semaine (29) : Holiday (Hrsta)
La chanson de cette semaine est la rencontre improbable entre deux univers que tout sépare : d'un côté, l'univers sombre et politisé du label Constellation Records et, de l'autre, la musique des Bee Gees (certes, celui de leur période rock des années 1960, très différent du disco des années 1970 qu'on connait le plus). En clair, que le groupe Hrsta (formé par l'un des membres initiaux de Godspeed You Black Emperor!) reprenne la chanson "Holiday" de ces derniers a franchement de quoi surprendre... Pourtant, il faut bien admettre que le résultat est une vraie réussite. Tandis que l'original est sorti en 1967, sur l'album "Bee Gees' 1st", la version de Hrsta date de 2007 et conclue l'album "Ghosts will come and kiss our eyes" (un programme bien peu "bee geesien"...). Le groupe s'approprie complètement cette chanson et l'intègre parfaitement à son univers. Entre les mains des musiciens de Hrsta, "Holiday" devient une chanson sombre et mélancolique. Son texte, chanté par Mike Moya, devient soudainement mystérieux et étrange et quand ce dernier se lance dans une série de "dadada" ceux-ci n'ont plus de rien de pop et de mélodieux mais prennent une tournure incantatoire et vous figent d'émotion. Bref, s'il faut bien admettre que l'original des Bee Gees était déjà, en soi, plutôt réussi (même si je n'aurai jamais pensé passer un jour une chanson de ce groupe sur ce blog...), la version de Hrsta est tout simplement magnifique. De quoi annoncer fièrement une émission spéciale de S.A.V., ce mardi 16/11, composée uniquement de reprises (préparez-vous à être surpris-es)...
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26 octobre 2010
S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 26 octobre 2010
Après cette histoire du rock indé qui nous a bien occupée ces quatre dernières semaines (voir ici, ici, ici et ici), retour à la "normale" ce mardi avec une émission sans thème particulier, consacrée à des groupes de rock indé, de post-rock et de punk. Une programmation sombre, énervée et volontiers tournée vers l'expérimentation ! Au menu, entre autres : Gun Outfit, Raymonde Howard, Bästard, Yo La Tengo, Fly Pan Am, Slint, The VSS, Bratmobile, Subhumans, Shannon Wright, New Model Army, Electrelane, etc. Comme d'hab', l'émission est en libre écoute et téléchargement ci-dessous et la liste complète des morceaux est à suivre dans les commentaires :
Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")
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S.A.V. l'émission de radio
14 septembre 2010
S.A.V. sur Radio Canut : Emission spéciale sur le label Constellation, le 14 septembre 2010
L'émission de cette semaine était entièrement consacrée à l'excellent label Constellation Records, fondé en 1997 à Montréal et toujours en activité. L'occasion de s'intéresser à l'histoire et à la démarche DIY très politisée de ce label indé. Au programme, une sélection des meilleurs groupes de Constellation, des classiques du post-rock aventureux et tendu des premières années (Godspeed You Black Emperor!, Le Fly Pan Am...) au folk (ou post-folk ?) brut et magnifique des dernières années (Carla Bozulich, Elfin Saddle, Siskiyou...), en passant par quelques groupes inclassables comme Hrsta ou The Silver Mount Zion Orchestra & Tra-La-La Band. Comme d'hab', l'émission est en libre écoute et téléchargement ci-dessous. La liste complète des morceaux est dans les commentaires.
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12 septembre 2010
La Chanson de la semaine (20) : Static (Godspeed you black emperor)
Et si Godpseed You Black Emperor était le plus grand groupe du tournant des années 1990-2000 ? Né, au départ, de la réunion d'Efrim Menuck, Mike Moya et Mauro Pezzente en 1994, le collectif prend réellement forme dans les années qui suivent, regroupant bientôt une dizaine de musiciens. Groupe phare du label Constellation Records (auquel sera consacrée la prochaine de S.A.V. sur Radio Canut, ce mardi 14 à 17h), basé à Montréal, GYBE sort, en 2000 et 2002, deux albums majeurs : Lift your skinny fists like antennas to heaven (2000) et Yanqui UXO (2002). Le groupe est alors au sommet de son art. Il étale, sur certains morceaux qui dépassent régulièrement les vingt minutes, une musique entièrement instrumentale où se croisent les influences du meilleur du rock indé (Glenn Branca, Sonic Youth), du punk (pour la démarche et l'esprit), de la musique expérimentale et même du "classique" vu la dimension "symphonique" de leur musique. Le long morceau Static (plus de vingt minutes) est extrait du premier de ces deux disques. Jamais je n'oublierai la première fois que j'ai écouté cette musique ! C'était il y a dix ans déjà. Je revois exactement les circonstances dans lesquelles je me trouvais, l'état dans lequel cette musique m'a mis et le sentiment très clair que j'ai eu, à la fin, d'avoir découvert quelque chose de très très grand. On n'écoute pas ce genre de morceau comme on écoute n'importe quel chanson pop rock, vite déballée, consommée et oubliée. Il faut prendre son temps, se poser un moment, ne plus rien faire d'autre et monter le son.
Alors, on traverse des contrées inouïes, on est ému, on frissonne, on est électrisé, mené au bord d'une étrange transe, pour peu que l'on lâche un peu prise. C'est le monde entier qui défile sous nos yeux, des friches industrielles désertées, un cri de désespoir et de révolte mêlés, tous nos temps de crise, un univers au bord de la faillite. Quel que soit le moment du morceau où vous vous trouviez, sachez que vous n'êtes pas au bout de vos surprises et que le meilleur est encore à venir ! Tout commence lentement, on entend le bruit d'un train, puis un clochard qui parle dans la rue, le genre de clochards mystiques et un peu fous qui annoncent la fin du monde et puis la tension monte, monte, jusqu'à l'incroyable déflagration de la seconde partie du morceau. Tout retombe d'un coup, pourtant, et nous sommes lâchés, dans la dernière partie, dans un étrange no man's land.Le groupe, très actif pendant quelques années, auteur de concerts mémorables (je les ai vu deux fois !), a interrompu ses activités pendant près de 7 ans, jusqu'à début 2010. Pendant ce temps, la plupart de ses membres ont joué dans plusieurs autres formations géniales comme A Silver mount zion memorial orchestra, Set Fire to flames ou Hrsta. Ceci dit, hourra ! hourra ! le groupe a repris récemment du service et une nouvelle tournée va avoir lieue ! A suivre, donc... Mais, tout ça, on en reparle mardi, dans l'émission de S.A.V., de 17h à 18h !
25 août 2010
L'Invitation au voyage... : Hart (Ulan Bator)
Il y a des musiques qui sont comme un voyage, certains bien réels dans diverses atmosphères du monde et d'autres plus oniriques. C'est ce second cas de figure que je voudrais évoquer ici, avec un étrange morceau instrumental de l'excellent groupe de post-rock français Ulan Bator, extrait de l'album Végétale, sorti en 1997. Pour les avoir vu pendant la tournée de Ego:Echo, un peu plus tard, c'est sans doute l'un de mes plus grands souvenirs de concert ! Bon, j'en reparlerai, c'est promis... Ca aurait pu faire une chanson de la semaine mais j'aimerais tenter avec vous une expérience un peu différente, cette fois-ci : laissez-moi vous raconter l'étrange voyage dans lequel m'entraîne à chaque fois ce morceau fascinant (les temps indiqués entre parenthèse renvoyant, bien entendu, aux moments correspondant dans le morceau), vous pourrez me décrire le votre après, si ça vous dit...
Tout commence dans un étrange no man's land, une terre désolée et sombre, une friche industrielle la nuit, un champ de bataille déserté ou que sais-je. Nous errons dans ce paysage inquiétant, tandis que nous percevons, tout autour de nous, quelques présences angoissantes. Bientôt, dans le lointain, nous apercevons le cadre d'une porte. Oui, juste le cadre. Comme ça, au milieu de nulle part. Et nous nous approchons et passons au travers... (2min25) Aussitôt, tout change autour de nous. Nous voilà dans un décor de rêve. D'étranges objets flottent au-dessus du sol. L'ombre et la lumière alternent sans cesse. Il pleut, mais les gouttes d'eau montent du sol vers le ciel. (3min40) Des formes flasques et colorées dansent autour de nous. Tout est d'abord merveilleux, ici. Puis, bientôt, ces formes se font un peu trop pressantes, un peu trop nombreuses. (5min15) L'angoisse nous reprend. L'ombre gagne peu à peu sur la lumière et le sol se dérobe sous nos pieds. Nous tombons. Mais dans quoi exactement ? Dans rien et tout à la fois. Un lourd et profond sommeil. Ca y est, nos paupières se ferment. Nous rêvons.
Ecoutez, vous verrez...
Tout commence dans un étrange no man's land, une terre désolée et sombre, une friche industrielle la nuit, un champ de bataille déserté ou que sais-je. Nous errons dans ce paysage inquiétant, tandis que nous percevons, tout autour de nous, quelques présences angoissantes. Bientôt, dans le lointain, nous apercevons le cadre d'une porte. Oui, juste le cadre. Comme ça, au milieu de nulle part. Et nous nous approchons et passons au travers... (2min25) Aussitôt, tout change autour de nous. Nous voilà dans un décor de rêve. D'étranges objets flottent au-dessus du sol. L'ombre et la lumière alternent sans cesse. Il pleut, mais les gouttes d'eau montent du sol vers le ciel. (3min40) Des formes flasques et colorées dansent autour de nous. Tout est d'abord merveilleux, ici. Puis, bientôt, ces formes se font un peu trop pressantes, un peu trop nombreuses. (5min15) L'angoisse nous reprend. L'ombre gagne peu à peu sur la lumière et le sol se dérobe sous nos pieds. Nous tombons. Mais dans quoi exactement ? Dans rien et tout à la fois. Un lourd et profond sommeil. Ca y est, nos paupières se ferment. Nous rêvons.
Ecoutez, vous verrez...
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