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21 août 2010

La Chanson de la semaine (17) : Nubes y esperanza (Ateneo Libertario Ramon Acin)

"Nubes y esperanza" est une très belle chanson populaire espagnole, célèbre pendant la guerre d'Espagne au sein des milieux anarchistes. Contrairement à d'autres chansons de l'époque (je renvoie, pour cela, au disque de la Corale Durruti, Canciones anarquistas), sa mélodie n'a rien de particulièrement "guerrière" ou entraînante et son texte, très poétique, semble intemporel. Composée pour chant et guitare, cette chanson est partagée entre la mélancolie (les nuages noirs évoqués dans le titre) et l'espoir (esperanza). En voici une traduction très très approximative (en clair, j'ai réécrit dans un français correct une traduction automatique trouvée sur internet) : "le ciel est couvert /et aucune étoile ne brille/les éclairs dans le lointain/annoncent la tempête/Et ils arrivent ces temps orageux/qui ont et qui apportent les larmes dans les yeux./Et le ciel s'est éclairé/Et l'on voyait briller une étoile/belle et resplendissante/et le monde entier se laissait guider par elle (se confiait à elle)/Et ils arrivent ces bons moment/Qui ont, qui apportent et qui sont plein d'espoir." Je ne saurai trop conseiller, à ceux qui sont intéressés et qui parlent un minimum espagnol, de se référer au texte original, par exemple ici.
Autrement, peu d'informations sur cette chanson... Après petite recherche, l'auteur en semble inconnu. Quant à l'interprète, le doute subsiste... Je sors cette chanson d'un disque de la "Corale Durruti" (du nom du célèbre activiste anarchiste espagnol, fondateur de la tout aussi célèbre "colonne durruti", colonne de combattants anarchistes dont le rôle fut très important pendant la guerre d'Espagne, en 1936) qui rassemble un certains nombres de chants révolutionnaires d'Espagne. Seulement, cette chanson est attribuée à un énigmatique "Ateneo Libertario Ramon Acin"... "Ateneo Libertario", ça veut dire "Athénée Libertaire", c'est-à-dire une sorte de centre éducatif libertaire destiné aux ouvriers-ères dont beaucoup furent développé en Espagne dans les années 1930. Ramon Acin, lui, est un peintre, écrivain et activiste anarchiste espagnol très célèbre dans les années 1920-1930, mort assassiné par les fascistes en 1936, à Huesca. Il était proche et ami avec un certain nombre d'artistes surréalistes comme Dali et Bunuel. Rien ne dit, à ma connaissance, qu'il ait quelque chose à voir dans la création de cette chanson. Il faudra donc se contenter des quelques lignes de présentation ci-dessus... (si vous avez plus d'informations, n'hésitez pas à m'en faire part !) Nous voilà seuls avec cette très belle chanson, un soir quand l'orage s'éloigne dans la campagne ou assis sur un banc d'une grande ville à la tombée de la nuit...

3 août 2010

"Pour en finir avec le travail" : chansons révolutionnaires détournées de mai 1968 (avec des textes de Guy Debord et de Raoul Vaneigem)

Pour en finir avec le travail est un album de "chansons du prolétariat révolutionnaire" (comme dit le sous-titre du disque), composé peu après mai 1968 et sorti en 1974. Il est composé de chansons anciennes (notamment "l'bon dieu dans la merde") et d'autres qui ont été détournées (selon la pratique alors courante chez les situationnistes). On y trouve ainsi des détournements réalisés par Guy Debord ("la java des bons enfants" et "les journées de mai") et Raoul Vaneigem (le très beau "la vie s'écoule, la vie s'enfuit"). Les morceaux sont interprétés par Jacques Marchais, Vanessa Ha-chloum (=Jacqueline Danno) et Michel Devy. Un vrai collector, donc, à écouter en faisant tout particulièrement attention aux textes !
Ci-dessous, la très belle chanson "la vie s'écoule, la vie s'enfuit", avec un texte de Raoul Vaneigem et une musique de Francis Lemonnier, d'abord dans la version originale du cd de 1974 puis dans une reprise du groupe de punk René Binamé (entendue, sur scène, pas plus tard que ce week-end, pendant le festival alternatif d'Ecole en Bauges... mais j'en reparlerai plus tard) que, personnellement, je trouve encore bien meilleure (question de goûts musicaux...) :
  • la version originale :

  • la reprise de René Binamé :

J'ajoute un lien pour télécharger l'album Pour en finir avec le travail (dans un format de fichier un peu chiant ".ogg" mais qu'on peut facilement convertir en mp3 via différents sites internet) : cliquez ici
Sinon, pour René Binamé, le site du groupe avec plein de morceaux à écouter/télécharger ici.