29 juin 2010

S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 29 juin 2010

Deuxième édition de S.A.V. sur Radio Canut, après le tremplin de la semaine dernière, et première à son horaire habituel (17h-18h, le mardi) ! Grande fierté, déjà : aucun bug technique ! Sinon, encore un programme varié dans cette émission (plus que la semaine dernière, je pense). Au menu, entre autres : Fatal Microbes, Delta 5, Gogol Bordello, The Slits, Electrelane, Broken Social Scene, Clinic, Sexy Sushi, Lydia Lunch, M83, Les Vieilles Salopes, Siouxsie And The Banshees, etc. etc. (comme d'hab', la liste complète des morceaux dans les commentaires). Au petit rayon nouveauté : un générique bricolé à la dernière minute (on verra si je le garde tel quel...). L'émission complète à écouter et télécharger ci-dessous. N'hésitez pas à laisser vos avis/commentaires et autres !



Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous")

25 juin 2010

Un Paradis pour la dérive (1) : Lisbonne

La semaine dernière, j'ai passé quelques jours à Lisbonne. Après de longues promenades aléatoires dans cette ville, je me suis dit qu'elle méritait bien d'inaugurer cette nouvelle série d'articles sur ce blog : mettre en avant une série de villes ou de quartiers labyrinthiques, avec une atmosphère propre et forte, qui se prêtent à merveille à l'un de mes jeux favoris > la dérive. Pour définir ce que j'entends par ce dernier terme (emprunté à toute une tradition qui passe notamment par les surréalistes et les situationnistes), j'ai coutume de le distinguer de deux autres modes de déplacement : le déplacement utilitaire, dont l'objectif est l'efficacité et la rentabilité (rejoindre le plus directement possible le lieu désiré, sans se soucier de l'espace traversé), et le déplacement touristique qui ressemble à une sorte de saut de puce de sites en sites et où le déplacement reste toujours un simple moyen pour rejoindre les lieux désirés. La dérive, elle, fait du déplacement une fin en soi. Sans aucune idée préconçue de son trajet à venir, le piéton s'y abandonne aux sollicitations du milieu qu'il traverse (qu'elles soient architecturales ou sociales). Ce dernier type de déplacement, en ce sens, est à la fois poétique et politique.
Bref, pour en rester là avec ces définitions générales, Lisbonne offre un cadre propice pour ce type de pratique. C'est d'abord dû à son architecture et à sa configuration géographique. On se perd avec bonheur dans ces petites rues étroites pavées, ces innombrables escaliers ou passages. On monte, on descend sans cesse dans cette succession de collines qui font le centre-ville sans plus savoir, à la longue, de quel côté on est venu et vers où l'on se dirige (j'y ai perdu tout sens de l'orientation comme cela ne m'était jamais arrivé depuis que je dérive dans diverses villes inconnues, me rendant compte à la longue que j'avais commencé à tourner en rond alors que je pensais m'être aventuré sur une nouvelle colline). Irrésistiblement, on est attiré par ces "miradouro", parcs en terrasses ou esplanades au sommet d'une colline et alors toute la ville est à nos pieds. Lisbonne est aussi une ville dont les quartiers du centre ont gardé une vie populaire. La journée, il est plaisant de suivre les discussions animées des personnes au milieu des rues ou de suivre un moment une petite vieille qui déambule dans la pente. Le soir, on croise des personnes qui cuisinent en plein milieu d'un escalier avant d'évacuer leurs restes directement en soulevant la grille d'égout. Et, à la nuit tombée, on s'immerge dans la foule qui envahit toutes les rues très chaudes du Barrio Alto (en slalomant, il faut bien l'avouer, entre divers types un peu bizarres qui vous proposent de la cocaïne ou autres substances illégales...) ou de l'Alfama - à moins que l'on ne s'écarte un instant et que l'on joue à se perdre dans des ruelles désertes. Alors, on perd tous repères. Parfois, on arpente des passages déserts où quelques jolis tags ornent les murs. D'autres fois, on dévale un escalier où seul traîne un petit chat. A un moment donné, je me suis retrouvé dans une zone un peu glauque. L'heure est au coupe-gorge ! Je remarque qu'un drôle de type s'est mis à me suivre et l'endroit n'est franchement pas rassurant, là, dans ce quartier abandonné. Je ne sais plus dans quelle direction je vais. Je m'égare dans les bas-fonds de Lisbonne où seuls traînent quelques paumés. Puis, finalement, je rejoins le Tage. Les eaux noires s'étirent à ma droite tandis que je traverse d'anciens docks déserts (où, parfois, un ancien hangar abandonné a été transformé en boîte de nuit). Puis, je retrouve les rues pavées du centre ville. Il est quatre heure du matin. Les oiseaux commencent déjà à chanter. Quelques clochards dorment sur le trottoir tandis que d'innombrables tessons de bouteilles jonchent la chaussée. Ca y est ! J'ai traversé la nuit...
Voici quelques photos qui restent de ces journées de dérives (cliquez dessus pour agrandir) :

24 juin 2010

Où l'on parle de ma brochure...

Si, si, regardez le quatrième titre, en bas (cliquez sur l'image pour agrandir). Affiche pour le site rebellyon.info, vu sur les murs de la Croix-Rousse...

23 juin 2010

S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 22 juin 2010

Ca y est ! L'émission de S.A.V. a officiellement été lancée sur Radio Canut. Vous pouvez maintenant (ré-)écouter et télécharger librement le podcast de cette émission ici-même. En direct, c'était à l'horaire inhabituel de 20h (pour rappel, ce sera désormais le mardi de 17h à 18h) et ça c'est pas trop mal passé, non ? (là, je m'adresse à ceux qui ont écouté en direct...) Bon, ça a mal commencé avec un bug technique d'emblée (le morceau de New Model Army qui n'est pas parti direct... tout ça parce que la platine cd 2 - fichue platine cd 2 ! - ne voulait pas reconnaître mon disque), un petit peu de stress (forcément...), la gorge un peu sèche et les premiers mots d'une voix pas très assurée, je balance The Damned sur l'autre platine et finalement tout est rentré dans l'ordre (pour info, j'ai supprimé ce "blanc" du podcast, alors chut ! ceux qui n'ont pas écouté en direct ne se rendront compte de rien... c'est ça le miracle du différé !). Après, on n'a pas pu écouter Lydia Lunch (pour la même raison) mais, promis, je passe le morceau la semaine prochaine ! Sinon, à part ça, plein de bons morceaux à écouter dans le podcast ci-dessous : X-Ray Spex, Liars, Free Kitten, Sonic Youth, Pussy Galore, Crass, Four Tet, The Heavy, And You will know us by the trail of dead, etc. etc. (je met la liste complète des musiques dans les commentaires). C'était la grande première, c'était beau, c'était fort et ça sera encore mieux la semaine prochaine ! Et vous, vous en avez pensé quoi ? N'hésitez pas à laisser vos commentaires !



Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit ici et "enregistrer la cible du lien sous...")

22 juin 2010

La Chanson de la semaine (9) : Alright (Pussy Galore)

Pussy Galore est un classique absolu dans le genre "rock incandescent joué par des fous furieux". Au sein du groupe, on retrouve le célèbre John Spencer (qui, plus tard, s'illustrera, entre autres, au sein de Boss Hog et du John Spencer Blues Explosion) ou bien Julie Cafritz (plus tard dans Royal Trux et Free Kitten). Originaire de Washington et actif de 1985 à 1990, le groupe est une figure majeure du rock indé (avec d'autres comme Sonic Youth, à la même époque). Le morceau "Alright", extrait de l'album Right now (sorti en 1988) est une vraie merveille dans le genre. Le genre de musique qu'il est impossible d'écouter sans être parcouru d'une terrible électricité !
ps: je mets ici une version de la chanson avec vidéo live du groupe à l'appui mais, comme il manque la fin du morceau, je mets aussi, juste après, une version entière du morceau (et juste une photo du groupe en accompagnement).


15 juin 2010

La Chanson de la semaine (8) : Jumpin Jack Flash (The Rolling Stones)

Quand on est adolescents, on a deux options : soit on déteste, par principe, les groupes qu'écoutaient ses parents, soit on les adore. Moi, j'avais choisi la première solution. Ainsi, à la poubelle Beattles, Rolling Stones, Pink Floyd et compagnie ! C'était un tort. C'est dans un film, l'autre jour, que j'ai réentendu ce morceau et, merde ! quelle claque ! L'intro, surtout, avec cette ligne de basse terrible... Alors, oui, bien sûr, quand on voit le groupe aujourd'hui, ce n'est pas toujours brillant brillant et on en oublierait presque la puissance des morceaux de leurs débuts, à l'époque où on les accusait encore d'être les messagers du diable (faut dire que ces cons en rajoutaient avec des titres comme "sympathy for the devil") et avant qu'ils ne deviennent à leur tour de riches bourgeois tout juste bons à vendre des produits dérivés et à faire des publicités. Du coup, dans la foulée, je me suis mis à écouter tous les vieux disques des Rolling Stones. C'est à de petites choses comme celle-ci qu'on se rend compte qu'on est devenu un adulte...



13 juin 2010

S.A.V. sur Radio Canut : la démo

Pour proposer mon émission à Radio Canut, j'ai d'abord dû enregistrer une émission virtuelle d'une heure. Vous pouvez l'écouter et la télécharger ici même. Au menu : Bikini Kill, Matmos, !!!, The Dead Kennedys, Ulan Bator, Lucrate Milk, The Pixies, Einsturzende Neubauten, The Slits, Le Peuple de l'herbe, TV on the radio, Essential Logic, etc. etc. Pas impossible que l'on retrouve certains de ces groupes (ou morceaux) dans certaines de mes émissions à venir, histoire d'en faire aussi profiter les auditeurs... En attendant, un bon aperçu de la variété des musiques qui passeront dans l'émission de S.A.V. N'hésitez pas à laisser vos commentaires !
ps: au début de l'émission, j'annonçais la première émission le 8 juin... pour diverses raisons, celle-ci a été repoussée au 22 juin à 20h.

12 juin 2010

S.A.V. sur Radio Canut !

C'est désormais officiel : S.A.V. va devenir une émission de radio! Tous les mardis soirs, de 17h à 18h, je serai donc sur Radio Canut pour vous faire écouter de la musique. Au programme : du rock indé, du punk, du post-punk, de l'électro, de la folk, des musiques bizarres et encore du rock indé ! De temps en temps, je ferai quelques émissions spéciales consacrées à une scène, un label, un genre, une époque ou un groupe en particulier.
Pour ceux qui habitent Lyon ou sa banlieue, vous pourrez écouter S.A.V. à la fréquence 102.2 FM, en direct.
Pour ceux qui n'habitent pas à proximité de Lyon et qui veulent quand même écouter l'émission en direct, ça se passe via internet, sur le site de Radio Canut (cliquez ici). Attention, comme dit le site :ce site semble avoir des difficultés à s'afficher sous Internet Explorer. Profitez-en pour abandonner Microsoft et rejoindre le monde des logiciels libres, en téléchargeant Mozilla Firefox !
Sinon, pour ceux qui ne peuvent pas écouter l'émission en direct ou ceux qui veulent la réécouter ou la télécharger, j'indiquerai, toutes les semaines, un lien pour écouter et télécharger librement l'émission en fichier mp3.

Attention ! La première émission aura lieu le mardi 22 juin mais à un horaire de lancement spécial, soit de 20h à 21h ! A partir du mardi 29, elle se déroulera à son horaire normal, de 17h à 18h.

7 juin 2010

La Chanson de la semaine (7): Don't take my sunshine away (Sparklehorse)

Il m'aura fallu trois mois avant de réussir à réécouter la musique de Sparklehorse... Comme dans le cas d'Elliott Smith, quelques années auparavant, le suicide de Mark Linkous, le 6 mars dernier, a été, pour moi et pour beaucoup d'autres, un véritable choc. La comparaison n'est pas anodine : dans les deux cas, il s'agissait de compositeurs/chanteurs qui avaient l'art de vous émouvoir comme peu de musiciens avec des chansons simples, fragiles et sans effets de manche. Tous les deux ont finalement sorti assez peu d'albums. Quatre seulement, en quatorze ans, dans le cas de Sparklehorse (si l'on exclut d'autres projets parallèles ou collaborations diverses), mais quatre merveilles, le plus beau étant sans doute le dernier Dreamt for light years in the belly of a mountain, sorti en 2006. Difficile d'en extraire une chanson en particulier, tant ce disque est génial du début à la fin, sans aucune baisse de niveau. En le réécoutant, aujourd'hui, chaque chanson me fait l'impression d'un classique. Dès les premières notes, l'émotion opère. Pourtant Mark Linkous n'en fait pas des tonnes, contrairement à d'autres braillards-tête à claque du style le chanteur de Muse (insupportable...). Il chante et joue tout en finesse, réussissant à chaque morceau le petit miracle de nous émerveiller un peu plus qu'au précédent. Tout ce dernier album se joue ainsi à un niveau d'intensité émotionnelle incroyable mais sans jamais sombrer dans l'emphase, la grandiloquence ou le lyrisme exacerbé. Trois notes de guitares suffisent, à chaque fois. C'est à ça que l'on reconnaît un songwriter d'exception, non ? Et assurément, Mark Linkous fut l'un des plus grands songwriters de ces dix dernières années... Non, vraiment, si vous ne connaissiez pas déjà, filez chez votre disquaire et écoutez ce disque en entier ! En attendant, voilà le morceau d'ouverture de ce disque magnifique, petit condensé de tout ce que savait faire ce groupe...

4 juin 2010

Cinéma (2) : FILM SOCIALISME, de Jean-Luc Godard

Commençons par un avertissement : que celui/celle qui se rend au cinéma pour chercher un bon divertissement, simplement se changer les idées ou emballer son amoureux-euse, et bien que tous ceux là passent leur chemin ! Je suis sérieux. Si, en vous rendant au cinéma, vous espérez avoir droit à un récit ou à des personnages crédibles, alors laissez tomber car vous allez être déçus devant ce Film Socialisme. De quoi s'agit-il, en effet ? Pour rester simplement descriptif : d'une suite d'images et d'une suite de phrases récitées souvent en voix off (sans forcément de lien évident avec l'image qui l'accompagne) qui ne racontent aucune histoire linéaire. Voilà le genre de films qui demandent d'abord de "rentrer dedans", comme on dit...  et force est de reconnaître que le spectateur échoué ici par hasard risque de mettre quelques longues minutes avant de "rentrer dedans" (à supposer qu'il le fasse). Y compris le spectateur attiré par le souvenir de grands films comme Pierrot le fou... Ceci dit, celui qui aura accepté, au préalable, de se dé-saisir de ses réflexes habituels de spectateur et de vivre une expérience cinématographique à part se rendra vite compte, cependant, que, derrière l'apparente incohérence des scènes qui se succèdent se cache une trame et un propos bien plus cohérents qu'il ne paraît au premier abord, et un film extrêmement ambitieux et intéressant.
Le film se découpe en trois parties. Dans la première, nous sommes embarqués sur un bateau, en croisière sur la méditerranée (faut-il y voir une forme de référence à l'Odyssée ?). Tour à tour, le souvenir de divers hauts lieux de l'Histoire est évoqué : la Grèce et l'Egypte antique, la Palestine, Naples, Barcelone (en référence à la révolution anarchiste espagnole de 1936) et Odessa (en référence à la première révolution Russe, celle de 1905, écrasée par l'armée tsariste). Avec eux, c'est l'histoire de la civilisation européenne qui est évoquée. Les références à l'Allemagne nazie et à l'URSS sont nombreuses, elles aussi. Tel est l'arrière-fond historique très fort dans lequel Godard ancre son film. C'est d'une civilisation européenne sur le déclin que nous parle le cinéaste. Il excelle ainsi, dans cette première partie, à mettre en contraste ces souvenirs historiques marquants avec la futilité d'une civilisation supposée décadente, matérialisée ici par ces touristes en croisière et leurs activités à bord. De temps à autres, on croise quelques figures résistantes comme le philosophe Alain Badiou ou encore la chanteuse Patti Smith qui se promène comme un fantôme avec sa guitare sur ce bateau à la dérive. Apparaît alors une question, sur l'écran de cinéma : "Où vas-tu Europe ?".
La deuxième partie du film ramène une forme de récit. Une équipe de télévision essaie de filmer une étrange famille (les Martin) dont on comprend qu'elle se présente à une élection politique. On y croise, au passage, un lama dans une station service ou un enfant blondinet iconoclaste et étonnamment cultivé pour son âge. Il y est à nouveau question de politique. Quel programme définir aujourd'hui dans cette civilisation en déclin ? On finit par apprendre que Martin fut le nom d'une grande famille de résistants. Le discours politique du film se précise : dans cette Europe en déclin, voilà le temps de la résistance qui recommence.
La dernière partie du film nous ramène à l'évocation des hauts lieux de l'histoire de la civilisation méditerranéenne évoqués dans la première partie. Pour quoi faire ? Parce qu'il n'y a pas de résistance ou de solutions pour le futur sans retenir l'enseignement des grands évènements de l'Histoire ? Pour essayer de ressourcer l'Europe, en quelque sorte ? A moins que ce ne soit pour identifier les origines du mal ? Les choses sont ici à peine suggérées et chacun reste libre de son interprétation. Une certaine forme de nostalgie ou de désespoir semble accompagner cette évocation du passé. Pourtant, c'est le geste de résistance qui l'emporte avec cette phrase, à la fin du film, en pleines lettres sur l'écran : "Quand la loi n'est pas juste, la justice passe avant la loi".
Le moins qu'on puisse dire, donc, est qu'il s'agit ici d'un film au propos très ambitieux qui oscille entre considérations désespérées sur le supposé déclin de la civilisation et appel à la résistance. Qu'en est-il du résultat ? Pour commencer par le négatif (avant d'expliquer que ce film m'a tout de même vraiment plu), ce film m'a parfois agacé. Ces grandes citations déclamées avec solennité, toutes coupées de leur contexte, c'est souvent pénible. Les grands discours sur la dialectique, par exemple, ça sent le débat usé des années 1960 dans lesquelles Godard semble rester en partie prisonnier. La forme elle-même n'a finalement rien de si moderne. L'emploi des images et des citations détournées a cinquante ans de retard sur les films de Guy Debord. De même, le décalage entre la bande son et les images a lui soixante ans de retard sur le Traité de bave et d'éternité d'Isidore Isou. Force est de reconnaître, dans le genre, que le film de Godard n'a pas le percutant des films du même Debord, comme La Société du spectacle ou In Girum imus nocte et consumimur igni. Quand on connaît bien ces deux films, le film de Godard n'arrive pas bien à soutenir la comparaison... Ceci dit, le cinéma de Godard reste tout de même un geste rare dans le paysage actuel et il est bon de retrouver avec lui un peu d'audace et de radicalité dans le geste artistique. Le propos général du film ainsi que le montage d'images et de textes qu'il réalise est très intéressant et j'en garde, avec le recul, un souvenir assez fort. Au final, je dois avouer que ce film a donc plutôt emporté mon adhésion et que je le recommanderai bien volontiers (aux restrictions près évoquée au début de ce texte). Même s'il souffre de la comparaison avec les précédents évoqués ci-dessus, le geste reste brillant et le film passionnant. A voir,donc.

1 juin 2010

La Chanson de la semaine (6) : Hold the line (Major Lazer)

Pour continuer à varier les plaisirs et les genres musicaux, d'une semaine à l'autre, après du punk, du folk, du post-rock, du rock, du bizarre et de la pop, voici une sorte d'électro-reggae mutant croisé avec un riff de guitare électrique imparable qu'on croirait tout droit sorti de la BO d'un film de Quentin Tarantino ! Major Lazer, c'est deux producteurs/Dj anglais, Switch et Diplo, qui, après avoir travaillé avec M.I.A. (ce qui, dans le genre, est une vraie référence) ont sorti leur premier album Guns don't kill people...Lazer do à l'été 2009. Ils ont enregistré cet album en Jamaïque, invitant sur leur disque plusieurs chanteurs-euses locaux. Leur premier single, Hold the line, est une vraie petite bombe, à mon humble avis. Les amateurs de dancehall apprécieront. Que les autres se rassurent : avec cette ligne de guitare terrible, voilà du reggae branché sur perfusion rock !
Sinon, que dire ? Parler un peu du personnage de cartoon qui donne son nom au groupe peut-être ? Et bien "Major Lazer" serait un combattant jamaïcain qui aurait perdu son bras dans une guerre secrète contre les zombies. Si, si. Après avoir remplacé son membre perdu par un laser, il combattrait aujourd'hui des vampires, monstres divers, sans oublier de se livrer à quelques fêtes dégénérant régulièrement en orgies... Bref, tout un programme qui fleure bon les éternels adolescents ! Pour rendre compte de cet univers, je me devais de mettre directement le clip du morceau ici... Ceci dit, pour ceux qui ont une connection internet peu rapide et qui n'ont pas envie d'attendre une éternité que le morceau se charge, je met aussi, à la suite, un lecteur pour n'écouter que la musique.