28 août 2010

La Chanson de la semaine (18) : Love comes in spurts (Richard Hell and the Voidoids)

Si vous suivez régulièrement ce blog, Richard Hell (Richard Meyers, de son vrai nom) ne doit plus vous être inconnu ! On l'avait déjà croisé avec une chanson de la semaine précédente au sein du groupe The Neon Boys mais aussi dans l'émission sur Radio Canut "spéciale rock new-yorkais" au sein des différents groupes auxquels il a successivement participé (dans l'ordre : The Neon Boys, Television, The Heartbreakers et The Voidoids). Musicien (et écrivain), c'est une figure majeure de la scène punk. Après avoir fugué à 16 ans avec son ami Tom Verlaine, il débarque à New-York dans les années 1960. Avec Tom Verlaine, il forme l'éphémère mais génial groupe The Neon Boys puis, très vite, le groupe Television. Assez vite, cependant, il se brouille avec Tom Verlaine, joue brièvement de la basse dans le groupe de Johnny Thunder (l'ex des New-York Dolls) et fonde finalement The Voidoids. Ce dernier groupe sort son premier et principal album en 1977, toujours à New-York, qui porte le titre du morceau phare de ce groupe Blank Generation (vous pouvez écouter ce morceau à la fin de mon émission de radio sur le rock new-yorkais). Love comes in spurts est extrait de ce disque et en est le deuxième titre phare. C'est celui-ci que je vous propose de découvrir maintenant, l'occasion de se rendre compte que tous les rockeurs aux airs de poètes maudits d'aujourd'hui qui essaient d'imiter Richard Hell (suivez mon regard...) sont loin de leur modèle et de ce mélange parfait de rage, d'insolence et de nonchalance qui en fait une figure majeure de la scène punk d'alors ! Pour info, ce morceau a connu une première version absolument incroyable à l'époque de The Neon Boys (il a aussi été joué à l'époque de The Heartbreakers mais dans une version quasi-identique à celle de The Voidoids). La musique y est très différente et je ne suis même pas sûr que les paroles soient les mêmes mais enfin quel morceau là aussi ! Peut-être encore plus génial, même ! Je le mets à la suite, après la version des Voidoids, et je ne saurai trop vous conseiller d'écouter les deux versions :

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25 août 2010

L'Invitation au voyage... : Hart (Ulan Bator)

Il y a des musiques qui sont comme un voyage, certains bien réels dans diverses atmosphères du monde et d'autres plus oniriques. C'est ce second cas de figure que je voudrais évoquer ici, avec un étrange morceau instrumental de l'excellent groupe de post-rock français Ulan Bator, extrait de l'album Végétale, sorti en 1997. Pour les avoir vu pendant la tournée de Ego:Echo, un peu plus tard, c'est sans doute l'un de mes plus grands souvenirs de concert ! Bon, j'en reparlerai, c'est promis... Ca aurait pu faire une chanson de la semaine mais j'aimerais tenter avec vous une expérience un peu différente, cette fois-ci : laissez-moi vous raconter l'étrange voyage dans lequel m'entraîne à chaque fois ce morceau fascinant (les temps indiqués entre parenthèse renvoyant, bien entendu, aux moments correspondant dans le morceau), vous pourrez me décrire le votre après, si ça vous dit...
Tout commence dans un étrange no man's land, une terre désolée et sombre, une friche industrielle la nuit, un champ de bataille déserté ou que sais-je. Nous errons dans ce paysage inquiétant, tandis que nous percevons, tout autour de nous, quelques présences angoissantes. Bientôt, dans le lointain, nous apercevons le cadre d'une porte. Oui, juste le cadre. Comme ça, au milieu de nulle part. Et nous nous approchons et passons au travers... (2min25) Aussitôt, tout change autour de nous. Nous voilà dans un décor de rêve. D'étranges objets flottent au-dessus du sol. L'ombre et la lumière alternent sans cesse. Il pleut, mais les gouttes d'eau montent du sol vers le ciel. (3min40) Des formes flasques et colorées dansent autour de nous. Tout est d'abord merveilleux, ici. Puis, bientôt, ces formes se font un peu trop pressantes, un peu trop nombreuses. (5min15) L'angoisse nous reprend.  L'ombre gagne peu à peu sur la lumière et le sol se dérobe sous nos pieds. Nous tombons. Mais dans quoi exactement ? Dans rien et tout à la fois. Un lourd et profond sommeil. Ca y est, nos paupières se ferment. Nous rêvons.
Ecoutez, vous verrez...


21 août 2010

La Chanson de la semaine (17) : Nubes y esperanza (Ateneo Libertario Ramon Acin)

"Nubes y esperanza" est une très belle chanson populaire espagnole, célèbre pendant la guerre d'Espagne au sein des milieux anarchistes. Contrairement à d'autres chansons de l'époque (je renvoie, pour cela, au disque de la Corale Durruti, Canciones anarquistas), sa mélodie n'a rien de particulièrement "guerrière" ou entraînante et son texte, très poétique, semble intemporel. Composée pour chant et guitare, cette chanson est partagée entre la mélancolie (les nuages noirs évoqués dans le titre) et l'espoir (esperanza). En voici une traduction très très approximative (en clair, j'ai réécrit dans un français correct une traduction automatique trouvée sur internet) : "le ciel est couvert /et aucune étoile ne brille/les éclairs dans le lointain/annoncent la tempête/Et ils arrivent ces temps orageux/qui ont et qui apportent les larmes dans les yeux./Et le ciel s'est éclairé/Et l'on voyait briller une étoile/belle et resplendissante/et le monde entier se laissait guider par elle (se confiait à elle)/Et ils arrivent ces bons moment/Qui ont, qui apportent et qui sont plein d'espoir." Je ne saurai trop conseiller, à ceux qui sont intéressés et qui parlent un minimum espagnol, de se référer au texte original, par exemple ici.
Autrement, peu d'informations sur cette chanson... Après petite recherche, l'auteur en semble inconnu. Quant à l'interprète, le doute subsiste... Je sors cette chanson d'un disque de la "Corale Durruti" (du nom du célèbre activiste anarchiste espagnol, fondateur de la tout aussi célèbre "colonne durruti", colonne de combattants anarchistes dont le rôle fut très important pendant la guerre d'Espagne, en 1936) qui rassemble un certains nombres de chants révolutionnaires d'Espagne. Seulement, cette chanson est attribuée à un énigmatique "Ateneo Libertario Ramon Acin"... "Ateneo Libertario", ça veut dire "Athénée Libertaire", c'est-à-dire une sorte de centre éducatif libertaire destiné aux ouvriers-ères dont beaucoup furent développé en Espagne dans les années 1930. Ramon Acin, lui, est un peintre, écrivain et activiste anarchiste espagnol très célèbre dans les années 1920-1930, mort assassiné par les fascistes en 1936, à Huesca. Il était proche et ami avec un certain nombre d'artistes surréalistes comme Dali et Bunuel. Rien ne dit, à ma connaissance, qu'il ait quelque chose à voir dans la création de cette chanson. Il faudra donc se contenter des quelques lignes de présentation ci-dessus... (si vous avez plus d'informations, n'hésitez pas à m'en faire part !) Nous voilà seuls avec cette très belle chanson, un soir quand l'orage s'éloigne dans la campagne ou assis sur un banc d'une grande ville à la tombée de la nuit...
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18 août 2010

Un Paradis pour la dérive (2) : quartiers de l'Albaicin et de Sacromonte à Grenade

Très souvent, les quartiers où l'on trouve le plus de graffitis et d'inscriptions sauvages sont aussi les quartiers les plus favorables à la dérive (pour l'explication de ce que j'entends par ce dernier terme, cliquez ici). Nous avons déjà eu l'occasion de le vérifier à Lisbonne avec les quartiers du Barrio Alto et de l'Alfama (voir ici et ici), ça se confirme à Grenade avec le quartier de l'Albaicin. Assez logiquement donc, mon post sur le graff à Grenade est suivi de celui-ci...
L'Albaicin (ou Albayzin) est l'un des quartiers les plus anciens de la ville de Grenade et constitue avec l'Alhambra (sur la colline d'en face) le coeur de l'ancienne ville médiévale arabe. Celui qui découvre pour la première fois ce quartier l'abordera sans doute par l'une des petites rues en pente qui partent de la calle de elvira ou de la plaza sta ana. En dehors de quelques ruelles commerçantes bondées où se succèdent salons de thé arabes et petites boutiques touristiques, il pénètre alors un dédale de ruelles minuscules (où il est parfois impossible de marcher à deux de front), de petits escaliers déserts et de ruelles pavées transversales. L'endroit a tout d'un labyrinthe à ciel ouvert. On se perd avec bonheur dans ce quartier paisible (une fois qu'on a délaissé les deux ou trois grands axes touristiques), à mesure que l'on progresse dans la pente au milieu de ces maisons blanches. En 2008, lorsque je m'y suis promené durant plusieurs jours, les murs blancs du quartier étaient largement recouverts de superbes graffitis. Voilà qui renforce encore le côté passionnant des lieux : de ruelles minuscules en ruelles minuscules, où il n'est pas question d'envisager la présence d'une voiture, le piéton attentif passe de merveilles en merveilles. Soudain, alors que l'on s'approche du sommet de la colline, alors que l'on se trouve au milieu de cactus, l'on découvre un superbe panorama sur toute la ville de Grenade. On débouche sur quelque superbe esplanade face à l'Alhambra qui se détache devant les montagnes de la Sierra Nevada. Là, des jeunes discutent et jouent de la musique au milieu des habitants du quartier et des touristes. Pour peu que l'on soit curieux (ce qui semble le minimum pour s'adonner à la dérive), on peut découvrir de petites rues entièrement recouvertes de graffitis juste derrière...
Si l'on continue de s'avancer ainsi dans ce quartier, on aborde, sans même s'en rendre compte, le quartier de Sacromonte (historiquement, le quartier gitan de Grenade). Les ruelles et l'aspect des maisons changent peu. On croise de moins en moins de monde, c'est tout. De façon étonnante, on n'y voit quasiment plus aucun graffiti. Les maisons semblent mieux rénovées et on croise de luxueux patios avec une vue magnifique sur l'Alhambra. A mesure que l'on remonte la colline, l'ambiance change, cependant. La ville s'arrête brusquement au moment où la pente se redresse. Tout d'un coup, alors que l'on marchait au milieu des maisons blanches, la rue se transforme en chemin de terre, il n'y a soudainement plus aucune maison et l'on a l'impression d'arriver à la campagne. Alors que l'on s'aventure un peu sur ces chemins (avec une vue magnifique sur Grenade), on découvre que la pente est parsemée de grottes et d'habitations de fortune (une bâche tendue sur deux bouts de tôles ondulées...). L'histoire raconte que le début de la construction de ces grottes remonterait à la fin du moyen-âge. L'endroit est toujours habité. Là, tout au bout de la ville, il ne reste plus qu'à faire demi-tour et qu'à se laisser descendre au hasard des rues et des escaliers... Une fois en bas, vous pourrez remonter vers l'Alhambra, si vous ne craignez pas trop la foule des touristes ou bien vous égarer dans d'autres quartiers superbes de cette ville.
Ci-dessous, quelques photos prises en chemin (cliquez dessus pour agrandir). Le hasard fait que, pendant mon séjour, j'ai croisé une manifestation d'habitants de l'Albaicin qui protestaient contre la spéculation immobilière dont est victime ce quartier et contre les expulsions qui découlent de l'augmentation des loyers. Encore un quartier victime du processus de gentrification, à l'instar de bien d'autres, malheureusement (à commencer par la Croix-Rousse : voir l'article de l'Internationale Utopiste sur le sujet ici). Un autre quartier en lutte pour se préserver de son embourgeoisement et de son affadissement : en d'autres termes, de sa banalisation et de sa mise sous cloche touristique...

13 août 2010

La Chanson de la semaine (16) : Hedi's head + Ain't you (Kleenex/Liliput)

Deux chansons pour le prix d'une cette semaine ! Il s'agit, en fait, des faces A et B du premier 2 titres du groupe, sorti en 1978, et dont Hedi's head était le titre phare. A cette époque, ce groupe de post-punk suisse (formé cette même année 1978) s'appelait encore Kleenex. Peu de temps après, attaquées en justice par la célèbre marque de mouchoir, les quatre femmes qui composent ce groupe décident de se renommer Liliput, nom sous lequel elles sont aujourd'hui le plus connues. La formation de l'époque comprenait Regula Sing (chant), Marlene Marder (guitare), Klaudia Schiff (basse) et Lislot Ha (batterie) mais la composition du groupe ne va cesser d'évoluer jusqu'à sa dissolution, en 1983.
Assurément, Liliput/Kleenex est l'un des groupes phares de la scène post-punk, avec d'autres groupes punks féminins et féministes (même s'il est toujours extrêmement réducteur d'en rester à ces simples étiquettes) de l'époque comme The Raincoats (avec qui elles tournent régulièrement), The Slits, Delta 5, Essential Logic ou Chin Chin. Son influence, des années 1980 à aujourd'hui, est considérable, aussi bien sur l'émergence de ce qu'on appelle le rock indé que sur la scène punk riot grrrl au début des années 1990 (Bikini Kill, Bratmobile, Sleater-Kinney, L7, etc.) ou sur bon nombre de groupes de la scène électro-punk actuelle que les Chicks on Speed regroupent sous le nom de "girl monster" (Peaches, Mika Miko, Scream Club et pleins d'autres). En 1993, l'excellent label Kill Rock Stars réédite l'intégrale de leurs morceaux sur un double album de 46 titres, absolument indispensable à toute bonne discothèque qui se respecte ! Comme leurs contemporaines de The Raincoats ou The Slits, elles mélangent la démarche et l'énergie punk avec un goût permanent de l'expérimentation, une démarche créative totale et une forme d'humour et d'insolence qui n'est pas sans rappeler le meilleur de Dada (ce mouvement est d'ailleurs né, lui aussi, en Suisse, à Zürich, durant la Première Guerre Mondiale). Le groupe ne se réfère-t-il d'ailleurs pas ouvertement à Dada sur la  pochette du vynil pour leur single Eisiger Wind, sorti en 1981, en faisant un clin d'oeil explicite à la tenue de scène en carton qu'endossa un jour Hugo Ball sur la scène du célèbre Cabaret Voltaire (en 1916, si ma mémoire est bonne) ? Bref, vous l'aurez compris, un groupe génial à découvrir de toute urgence si vous ne connaissiez pas ! Pour cela, vous pouvez écouter, à la suite, les deux morceaux Hedi's head et Ain't you. De quoi vous convaincre, je l'espère, de l'importance de ce groupe !




Comme je suis sympa, je vous indique un lien pour télécharger le titre "ain't you" depuis le site du label kill rock stars qui offre gratuitement ce morceau : cliquez ici ("enregistrez la cible du lien sous...")

10 août 2010

Graffitis à... (2) : GRENADE

Après la série de graffitis photographiés à Lisbonne, deuxième étape de ce tour des grandes villes du graff" à Grenade, avec une série de photos prises en 2008. L'essentiel de ces graffs se situent dans le fascinant quartier de l'Albaicin (même si d'autres quartiers de la ville en regorgent aussi). Là, les façades blanches des maisons ont largement été recouvertes par de superbes peintures. Certaines ruelles entières ou escaliers en sont même intégralement recouvertes. En d'autres termes, pour qui se passionne pour le graff', ce quartier est une sorte de paradis où l'on passe de découvertes en découvertes, à mesure que l'on se perd dans ce labyrinthe à ciel ouvert. Il y a là-bas de quoi passer des journées entières, de petits passages pavés en étroits escaliers qui filent à travers la pente, sans épuiser ce formidable vivier de graffs. Voilà, entre autres raisons, ce qui fait de ce quartier un des endroits les plus passionnants où je me sois aventuré... Seul bémol, cependant : la plupart de ces peintures semblaient assez anciennes et, ce quartier étant comme tant d'autres en proie à un processus de gentrification, il faudrait suivre son évolution aujourd'hui. Tous ces magnifiques graffs seront-ils peu à peu effacés ? Et, surtout, se renouvellent-ils encore alors que la tentation d'en faire un musée à ciel ouvert et un nouvel argument touristique menace (à quand les tours organisés pour découvrir toutes les peintures facilement reconnaissables du célèbre "el nino de las pinturas" qui a longuement officié dans ces rues, par exemple ?) ? A suivre... En attendant, voici un petit échantillon des merveilles que l'on découvre dans cette ville elle-même magnifique qu'est Grenade (cliquez dessus pour agrandir):

7 août 2010

La Chanson de la semaine (15) : La Complainte du Partisan/The Partisan (Anna Marly, Leonard Cohen, Electrelane)

La Complainte du Partisan est une chanson de la résistance composée en 1943 par Anna Marly (pour la musique) et Emmanuel d'Astier de la Vigerie (pour le texte). Moins connue que le célèbre Chant des Partisans (composé par la même Anna Marly), elle est pourtant enregistrée à la même époque, avec le même objectif (constituer une sorte d'hymne pour la résistance, en plein effort d'unification) et par la même équipe. Très populaire dans les années 1950, cette chanson sombre peu à peu dans l'oubli du fait de cette concurrence. En 1969, la célèbre reprise qu'en fait Leonard Cohen lui assure cependant une audience renouvelée. Où comment une reprise peut dépasser en renommée son original, tant et si bien, aujourd'hui, que lorsqu'on reprend cette chanson on reprend généralement cette reprise de Cohen (assez éloignée de l'original) et non la version d'Anna Marly... Pour s'intéresser à l'histoire de cette chanson, trois versions très différentes :
  • L'original, interprétée par Anna Marly, très vieille chanson française avec chanteuse à la gouaille très pré-Piaf. Pas franchement mon style de musique mais bon c'est un document intéressant (et pas forcément facile à trouver...) :

  •  La célèbre version de Leonard Cohen, en 1969. Assez éloignée de l'original, aussi bien en ce qui concerne le chant que les arrangements, elle est par contre très proche de la version qu'en avaient donné les Compagnons de la chanson. Il est donc très probable que, lorsque Cohen reprend ce morceau, il se réfère non pas à l'original mais à cette reprise :

  • Une version moderne rock tonitruante du groupe de rock indé Electrelane, sur leur album Axes, sorti en 2005. Ici, le tempo est accéléré fois 10, les guitares électriques saturées remplacent les guitares acoustiques et l'énergie rock de ce groupe de Bristol la mélancolie de la version de Cohen dont elle est inspirée. La plus éloignée de l'original, bien sûr, et peut-être ma préférée (question de goût, là encore) :

    5 août 2010

    Festival alternatif d'Ecole en Bauges (du 30 juillet au 1er août)

    Super programmation et très bonne ambiance pour cette 3ème édition du festival alternatif d'Ecole ! Pendant trois jours, les bénévoles de ce festival autogéré et autofinancé DIY nous ont mijoté une super programmation mélangeant cirque, danse, théâtre et surtout musiques. Le tout avec camping gratuit très sympa et entrée à prix libre ! A retenir, tout particulièrement : la famille Fanelli, René Binamé, Dee Diglers, un groupe d'électro-punk venu de Montpellier dont le nom m'échappe, le groupe bien barré Le Singe blanc... Côté ambiance, on va dire que c'était baba et familial de la fin d'après-midi jusque vers 23h, avec surtout du cirque, du théâtre ou des musiques assez calmes. Après 23h, jusqu'à l'aube, les punks étaient à l'honneur avec une série de pogos mémorables (René Binamé, Dee Diglers...), tandis que, par moments, la foule était comme électrisée par un puissant souffle libertaire ! Un grand moment, par exemple, lorsque le public chantait en coeur certaines paroles de René Binamé (voir le post, sur ce blog, "Pour en finir avec le travail")... Au camping du festival, on se rassemblait autour d'un grand feu pour discuter et se réchauffer (les nuits ont été un peu fraîche...), tandis que la buvette était assaillie à toute heure par les festivaliers. Pour ne rien gâcher, le festival avait lieu dans un coin magnifique des Bauges, en Savoie. Après une heure grand maxi de sommeil et donc deux nuits quasi-blanches, j'ai quand même pu en profiter pour aller me balader dans la région, en attendant que la programmation reprenne, et faire une bonne sieste méritée, les doigts de pieds en éventail dans les alpages ! Bon, super festival donc. On me reverra sans doute l'année prochaine à ce festival alternatif vraiment pas comme les autres !
    Quelques photos de ce week-end, même si aucune d'entre elles ne peut vraiment rendre compte de l'ambiance des lieux... et puis, pendant les meilleurs concerts et spectacles, j'avais bien d'autres choses à faire que prendre des photos !


    Sinon des photos des éditions précédentes sur le site suivant : cliquez ici
    Tiens, pour écouter certains de ces groupes, les punks belges de René Binamé ici et un autre groupe de punk, Dee Diglers ici A écouter aussi la musique démente de Le Singe Blanc ici

    J'ajoute quelques photos de mes balades dans les Bauges, pendant la journée, face au Mont-Blanc le samedi, au Semnoz puis au bord du lac d'Annecy et dans les alpages des Bauges le lendemain :

    3 août 2010

    "Pour en finir avec le travail" : chansons révolutionnaires détournées de mai 1968 (avec des textes de Guy Debord et de Raoul Vaneigem)

    Pour en finir avec le travail est un album de "chansons du prolétariat révolutionnaire" (comme dit le sous-titre du disque), composé peu après mai 1968 et sorti en 1974. Il est composé de chansons anciennes (notamment "l'bon dieu dans la merde") et d'autres qui ont été détournées (selon la pratique alors courante chez les situationnistes). On y trouve ainsi des détournements réalisés par Guy Debord ("la java des bons enfants" et "les journées de mai") et Raoul Vaneigem (le très beau "la vie s'écoule, la vie s'enfuit"). Les morceaux sont interprétés par Jacques Marchais, Vanessa Ha-chloum (=Jacqueline Danno) et Michel Devy. Un vrai collector, donc, à écouter en faisant tout particulièrement attention aux textes !
    Ci-dessous, la très belle chanson "la vie s'écoule, la vie s'enfuit", avec un texte de Raoul Vaneigem et une musique de Francis Lemonnier, d'abord dans la version originale du cd de 1974 puis dans une reprise du groupe de punk René Binamé (entendue, sur scène, pas plus tard que ce week-end, pendant le festival alternatif d'Ecole en Bauges... mais j'en reparlerai plus tard) que, personnellement, je trouve encore bien meilleure (question de goûts musicaux...) :
    • la version originale :
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    • la reprise de René Binamé :
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    J'ajoute un lien pour télécharger l'album Pour en finir avec le travail (dans un format de fichier un peu chiant ".ogg" mais qu'on peut facilement convertir en mp3 via différents sites internet) : cliquez ici
    Sinon, pour René Binamé, le site du groupe avec plein de morceaux à écouter/télécharger ici.