30 décembre 2010

Les Albums de l'année 2010 (3) : Siskiyou, Harlem, Le Prince Miiaou

Troisième et dernière étape de ce retour en musique sur quelques disques marquants de l'année. Au programme : de la folk étincelante, du garage/pop survitaminé et une découverte française de grand talent !

  • SISKIYOU, Siskiyou (Constellation Records) : Décidément, l'année 2010 aura été bonne du côté du label montréalais Constellation et apporte un vrai démenti à tous ceux qui glosent sur le déclin du label et sa difficulté à renouveler ses productions... Nouvel arrivé, Siskiyou s'inscrit dans la ligne récente du label : une folk brute et élégante arrangée avec sobriété et un indéniable talent. Une musique qui évoque les grands espaces désertiques, quelque part à la tombée de la nuit (Siskiyou est le nom d'une région montagneuse sauvage au nord de la Californie). A mon humble avis, le meilleur album de folk de l'année... Ci-dessous, je vous propose d'écouter le morceau "Never ever ever ever again" :
  • LE PRINCE MIIAOU, Safety first (autoproduit) :  Premier véritable album (autoproduit, ce qui mérite d'être signalé...) du Prince Miiaou (après un EP du même nom), Safety first est une vrai réussite. Pour situer un peu son univers, ces chansons assez sombres (souvent en anglais, parfois en français) évoquent parfois quelques très bonnes références dans le genre comme Mansfield Tya ou Laetitia Sheriff. Un nouvel album devrait arriver en 2011 et je suis de ceux qui l'attendent avec beaucoup de curiosité ! Pour l'instant, je vous propose d'écouter "our tale", le premier morceau de ce disque, ci-dessous :

    •  HARLEM, Hippies (Female Fantasy/Matador Records) : Harlem, c'est la bouffée de bonne humeur et d'énergie positive de l'année, un disque de garage rock/pop directe branchée sur 10 000 volts, le genre d'album qui donne envie de gigoter dans tous les sens. Idéal pour terminer en beauté cette petite rétrospective. Comme j'en parlais récemment plus en détail sur ce blog (c'était ici, avec deux morceaux en écoute : http://seul-avec-vous.blogspot.com/2010/12/la-chanson-de-la-semaine-34-gay-human.html), je ne m'éternise pas trop sur le sujet et me contente de vous proposer un troisième morceau ("friendly ghost") extrait de ce disque :

        27 décembre 2010

        Les Albums de l'année 2010 (2) : Gun Outfit, Elfin Saddle

        Deuxième série d'albums sortis en 2010, de groupes nettement moins connus, cette fois-ci. Deux découvertes marquantes de l'année, dans un genre très différént, à (re-)découvrir en musique ci-dessous :

        • GUN OUTFIT, Possession Sound (PPM records) : Une des très bonnes découvertes rock indé de cette année ! Le genre de groupes qu'on n'attendait pas, on retient vaguement son nom après avoir lu un fanzine puis on écoute quelques mesures d'un morceau sur internet et, hop !, on se retrouve à les voir deux fois de suite en concert à trois semaines d'intervalle et on devient totalement accro à son disque, écoutant jusqu'à dix fois par jour le superbe morceau "Phaedra" dont on se dit, avec le recul, que c'est assurément l'une des meilleures choses qu'on ait entendu cette année. Je vous parlais déjà avec enthousiasme de ce groupe ici-même il y a quelques semaines et je vous renvoie à ce que j'écrivais alors pour plus d'infos... (voir : http://seul-avec-vous.blogspot.com/2010/10/la-chanson-de-la-semaine-26-phaedra-gun.html) Je vous mets "New Love Thunder" à écouter ci-dessous et rajoute "Phaedra" à la suite, juste pour être sûr que vous irez bien écouter le morceau ! 

        • ELFIN SADDLE, Wurld (Constellation records) : Une vraie curiosité, ce petit disque (trois titres seulement, mais pour une demi-heure de musique, au final), sorti chez Constellation, en édition limitée accompagnée d'un court-métrage réalisé par les deux membres du groupe (Emi Honda et Jordan McKenzie) - la musique du premier morceau, longue pièce instrumentale de 15min et quelques, étant la bande-son du film. Essentiellement instrumentale (contrairement au précédent disque du groupe, le génial Ringing for the begin again, sorti l'année dernière), Elfin Saddle joue une musique à la fois organique et expérimentale à base d'étranges instruments. Autant dire que c'est le genre de musique qui ne peut véritablement s'apprécier que sur toute sa longueur. Alors, un conseil, installez-vous confortablement et prenez le temps d'écouter tranquillement Wurld :
          Wurld Soundtrack by Constellation Records

        ANNONCE : Pas d'émission S.A.V. ce mardi 28/12

        Ah oui ! au fait, il n'y aura pas d'émission de S.A.V. ce mardi 28/12, sur Radio Canut. On se retrouve le premier mardi de janvier (le 04/01), à 17h, comme d'hab', pour la prochaine émission ! D'ici là, bonne fin d'année et la suite de ma petite rétrospective musicale 2010 est à suivre sur le blog.

        23 décembre 2010

        Les Albums de l'année 2010 (1) : les "classiques"

        Pas de "chanson de la semaine" pour cette fin d'année 2010 mais, à la place, je vous propose de revenir en musique sur quelques albums marquants de l'année. Les prochains épisodes de cette "rétrospective" subjective à suivre dans les prochains jours...  Je commence cette série de posts par les grands groupes qui nous ont régalé d'un nouveau disque cette année  :


        • Thee Silver Mount Zion Memorial Orchestra, Kollaps Tradixionales (constellation records) : au moins, avec ce groupe montréalais, on n'a jamais de mauvaise surprise et on sait toujours à quoi s'attendre... autrement dit : de longues plages instrumentales, de grandes envolées lyriques, de furieuses décharges sonores qui alternent avec de longs développements mélancoliques, le tout dans une ambiance de fin du monde et de révoltes qui grondent. Peut-être pas le meilleur disque du groupe mais un album réussi quand même avec quelques très bons moments comme ce "Kollaps tradicional (bury 3 dynamos)" :
          Kollaps Tradicional (Bury 3 Dynamos) by Constellation Records


        • Shannon Wright, Secret blood (vicious circle) : encore un album sombre, rugueux où, comme à son habitude, Shannon Wright alterne les décharges sonores furieuses et les plages mélancoliques superbes et tourmentées. Vu sur scène récemment, la chanteuse/guitariste/pianiste est une présence sombre et mystérieuse, légèrement autiste (pas un mot du concert, le visage tout du long caché par ses cheveux) et incroyablement habitée dès qu'elle se met à chanter. Plusieurs morceaux de cet album sont à écouter sur ce blog à l'adresse suivante : http://seul-avec-vous.blogspot.com/2010/11/la-chanson-de-la-semaine-28-violent.html. Je remets juste le morceau "Under the luminaries" ici mais vous pouvez aller écouter les chansons "Violent colors" et "Fractured" (Shannon Wright sur son versant électrique) à partir du lien ci-dessus :


          • The National, High Violet (4AD) : cinquième album du groupe new-yorkais, aussi élégant que les précédents mais aussi plus sombre (un simple regard sur les titres des chansons suffit à donner le ton : "terrible love", "sorrow"...). Un peu plus difficile d'accès que Boxer, plus grave et peut-être un ton légèrement en dessous, ce disque n'en referme pas moins quelques magnifiques morceaux, tels "terrible love" :


          • Mansfield Tya, La Petite troupe ne connaît pas la peur (vicious circle) : sorti cet automne en édition vynile limitée à 500 exemplaires, ce disque ne renferme que deux titres dont un seul inédit "Refaire tout comme hier". A l'heure où il est coutume de prendre de bonnes résolutions, pas sûr que ce titre soit de bon conseil. Ici, la mélancolie et la beauté des morceaux de Mansfield Tya croisent l'humour et le sens de la provocation de Sexy Sushi (projet parallèle de Julia Lanoë). Une chanson très ambiguë, au final, où le désespoir s'accompagne d'un étrange sourire. Juste de quoi attendre avec encore un peu plus d'impatience le prochain véritable album du duo annoncé pour fin 2011.

            Sinon, dans les mauvaises nouvelles de l'année, 2010 a été marquée par la disparition de deux grandes figures, Mark Linkous, de Sparklehorse, et Ari Up de The Slits... Je parlais de leur musique ici et ici

            21 décembre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 21 décembre 2010

            Retour à une programmation plus "électrique" après la spéciale folk de la semaine dernière. Au programme : The Au Pairs, Elfin Saddle, Harlem, The Avengers, Thee Silver mount zion, Gun Outfit, Matson Jones, The Lies, Marnie Stern, The Bombettes, Circle Pit, Pierre et le loup (deux albums en libre téléchargement ici et ici), une avant-première de Mogwaï, Raymonde Howard... Comme d'hab', l'émission est en libre écoute/téléchargement ci-dessous et la liste des morceaux est dans les commentaires :


            Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")

            19 décembre 2010

            La Chanson de la semaine (34) : Pissed + Gay human bones (Harlem)

            C'est avec un peu de retard que je vous parle de cet album sorti au début du mois d'avril 2010 mais mieux vaut tard que jamais, non ? Il faut dire, pour mon excuse, qu'à l'époque ce blog n'existait pas encore et que je n'étais pas alors au mieux de ma forme. Ceci dit, après coup, je me dis que ça m'aurait fait le plus grand bien d'écouter ce disque à ce moment là car Hippies, deuxième album du groupe Harlem sorti sur le label Matador, fait l'effet d'une cure intense de vitamine C. Le disque est composé de 16 morceaux garage/pop/rock indé du plus bel effet, tous frétillants et sautillants de partout. Je garderai, certes, les qualificatifs de "génial", "inouï" et "inédit" de côté tant ces morceaux de 2min et quelques chacun n'ont rien de franchement novateurs. Ce n'est pas une raison pour bouder son plaisir pour autant. En ces temps de grand froid, ce genre de musique qui vous botte l'arrière-train, vous met des fourmis dans les jambes et vous donne envie de gigoter du bassin, ça ne fait jamais de mal, non ? Alors, je vous propose d'écouter avec moi "Pissed", un morceau tout plein de surprises et de rebondissements que je vous recommande chaudement...  et puis, comme une double dose de vitamine C en intraveineuse vaut mieux que deux (et que je suis un garçon très sympathique), je mets à la suite "Gay human bones" qui sonne un peu comme des Pixies sous euphorisant, je trouve (si ça, ça vous donne pas envie d'écouter...) !


            16 décembre 2010

            Graffiti et street art : du vandale au vendu ? (brochure)

            Un ami grenoblois - qui, depuis quelques temps, sort tout un tas de chouettes fanzines comme Siamois (avec Girlzilla), Impression(s) et des brochures politiques éditées sous le nom ironique "j'appelle les flics" - vient de compiler toute une série de textes sur la situation du graff, sa récupération marchande et politique actuelle et les enjeux politiques au coeur duquel il se trouve en ce moment. On y trouve, dans la première partie, une série de textes concernant la situation à Grenoble mais aussi à Lyon (avec la réédition du texte de ma brochure "Faut-il lâcher les bombes ?"), Lisbonne (des photos ici), Paris et Angers. Je reproduis ici une partie du texte d'introduction écrit par Chivain et donne, ci-dessous, un lien pour télécharger la brochure en format numérique :
            "Le propos général de cette compile d'articles est de montrer que le graffiti légal, de commande, policé pour rentrer dans les cadres des institutions, sous couvert de citoyennisme artistique, participe pleinement au maintien de l'ordre et à la création de villes-spectacles qui voudraient ignorer les questions politiques de fond. Deux faces d'une même pièce. Côté pile, acceptation voire promotion d'un certain type de créations, faîtes d'une certaine manière, à certains endroits, avec un certain contenu. Côté face, rationalisation de l'espace, surveillance généralisée, bétonnage et répression. A mon sens, le côté pile, en se cantonnant dans l'esthétique, ne fait que décorer le côté face, ce qui est, pour rester poli, passablement énervant."
            Un lien pour télécharger la brochure : cliquez ici

            NB: "j'appelle les flics" vient aussi de sortir une brochure qui critique myspace et dont le titre résume assez bien le propos "Myspace ? pas besoin de cette merde !", disponible en libre téléchargement à l'adresse suivante : http://taenia-solium.net/doc/myspace_pas_besoin_de_cette_merde.pdf

            Dans les deux cas, un contact : chivain[at]no-log.org

            14 décembre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Spéciale Folk (émission du 14 décembre 2010)

            Programmation 100% acoustique, cette semaine, avec une spéciale folk (au sens large du terme). Au programme, quelques incontournables (Neil Young, Woody Guthrie, Bob Dylan, Michael Hurley, Johnny Cash ou Exuma), des groupes de folk punk (Meat Puppets, Violent Femmes...), de l'anti-folk (The Moldy Peaches), de la folk lyonnaise (Le Passage du Nord-Ouest > un contact ici), mais aussi de la musique tzigane (Taraf de Haidouks), du fado portugais (Berta Cardosa) et une immersion dans un pub irlandais (The Pogues). Dans le dernier quart d'heure de l'émission, Ananda, un autre musicien folk autoproduit, est venu jouer en direct trois morceaux et parler de son album We will go. Comme d'hab', l'émission est en libre écoute/téléchargement ci-dessous et la liste des morceaux est à suivre dans les commentaires :


            Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")

            Session Live S.A.V. (1) : Ananda (14 décembre 2010)

            Pour conclure la spéciale folk de S.A.V. sur Radio Canut, ce mardi 14 décembre, Ananda, musicien folk lyonnais autoproduit (et, par ailleurs, star internationale en Corée du Sud, si si, demandez lui !), est venu parler de son album We will go (sorti le 17/12) et jouer trois morceaux en live ("Fly", "Peaceful man" et "Away") dans mon émission. Interview et live sont à écouter et à podcaster ci-dessous :



            Pour télécharger le podcast (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous")

            Ananda sera en concert le 17/12 au Phoebus (Lyon), le 7/01 à l'Abracadabar (Paris), le 13/01 à L'Atmosphère (Lyon), le 14/01 au Verre à soi (Crest) et le 24/03 à l'Absinthe (Lyon).
            Son album sera en écoute libre sur deezer, à partir du 17/12 et il a un myspace ici.

            12 décembre 2010

            La Chanson de la semaine (33) : Light green fellow (Michael Hurley)

            C'est de la folk - et de la meilleure espèce - qui est à l'honneur cette semaine ! Michael Hurley est une figure majeure du genre, depuis 45 ans qu'il sort des disques (son premier album, First songs, date de 1965), bien qu'il n'ait jamais eu le succès d'artistes comme Bob Dylan ou Neil Young. Ce chanteur/guitariste/pianiste/violoniste américain est né en 1941. C'est une sorte de hobo des temps modernes. Il a sorti une bonne vingtaine de disques depuis les années 1960 - peignant, au passage, la plupart des pochettes de ses albums dans un style à la fois psychédélique et enfantin (au sens où certains de ses dessins feraient de très belles illustrations d'albums pour enfants). La chanson "light green fellow" est d'abord sortie en 1971 sur son deuxième album, Armchair boogie. Dans cette version originale, un violon accompagne le duo chant/guitare. On en trouve cependant une autre version (sans doute une démo maison, vu la faible qualité du son), sur le disque Parsnip snips, sorti lui en 1996. Cette deuxième version est beaucoup plus brute, énergique. Le violon a disparu et laisse la place à un battement qui supporte tout le morceau. Au final, même si je donne ci-dessous les deux versions et que la première est très belle, c'est peut-être cette dernière que je préfère. C'est elle que je mets donc en premier avec, à la suite, la version de Armchair boogie. De quoi annoncer, au passage, une "spéciale folk" (au sens large du terme) dans mon émission de ce mardi 14/12, à 17h, sur Radio Canut.


            10 décembre 2010

            Graffitis à...(4) : Les Pentes de la Croix-Rousse (LYON)

            Depuis des années, les Pentes de la Croix-Rousse (et non le plateau...) sont le quartier le plus actif en matière de graffs, affichages et inscriptions sauvages à Lyon. Face aux intérêts croisés de la spéculation immobilière et de l'activité touristique et avec la transformation progressive de la sociologie du quartier, cette activité est de plus en plus criminalisée et combattue - et, ce, malgré la poudre aux yeux de quelques festivals officiels du type "Perffusion" (voir ce que j'en disais dans la brochure "Faut-il lâcher les bombes ?"). Ainsi, d'années en années, je redoute de voir cette "activité" disparaître des Pentes - sous la pression conjuguée des procès, entreprises de nettoyage express et autres caméras de surveillance. S'il faut sans doute admettre que graffs et affiches se renouvellent un peu moins vite que dans un passé proche, ils n'en continuent pas moins d'apparaître régulièrement sur nos murs. Petite sélection, donc, de graffs et d'affiches apparus dans le quartier durant cet automne 2010 et que j'ai photographiés ces dernières semaines sur les Pentes :

            7 décembre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 7 décembre 2010

            Au programme, cette semaine, pas mal de groupes de punk (The Deadbeats, XYX, Ratas del Vaticano, Tragic Mulatto, The Germs, Red Aunts...), du rock indé sur 10 000 volts (The Hunches, Fireworks, Boss Hog, The Hospitals), quelques morceaux de grande classe (Anita Lane, Le Prince Miiaou, Eleventh Dream Day), de la new-wave (New Order, Boyskout), un chouilla d'électro (Adult), du proto-punk des années 1960 (Monks)... Comme d'hab', l'émission est en libre écoute/téléchargement ci-dessous et la liste des morceaux est à suivre dans les commentaires :



            Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")

            4 décembre 2010

            La Chanson de la semaine (32) : Microvibraciones (XYX)

            XYX est un groupe de punk/rock indé originaire de Monterrey, au Mexique (à ne pas confondre avec le Monterey de Californie...). C'est un duo, composé de Anehlo qui semble jouer d'une basse au son trafiqué par des tonnes d'effets, du synthé et qui chante, et de Mou, le batteur. Comment décrire leur musique ? une dose de punk, une touche de psychédélisme, un soupçon d'électro, une énergie folle, une musique bien barrée qui vous entraîne sur des terres aventureuses et furieuses : c'est un peu de tout ça. Ils ont sorti un premier quatre titres "Sistema de terminacion sexual" fin 2007/début 2008 (et ressorti avec deux morceaux supplémentaires l'année dernière), puis un autre quatre titres "Momento acido contemporaneo" en 2009. Deux disques qui ont suffi à faire connaître ce groupe à Monterrey et au-delà des frontières du Mexique.
            La scène de Monterrey, florissante ces dernières années et dont XYX était l'un des meilleurs groupes (avec d'autres comme Los Llamarada et Ratas del Vaticano - ce dernier groupe toujours en activité), traverse aujourd'hui des heures difficiles (comme tout le Mexique). L'article que publiait il y a peu le fanzine lyonnais Freakout (qu'il doit encore être possible de se procurer... : plus d'infos sur leur blog), donnant la parole à des membres de Ratas del Vaticano, en présente un tableau édifiant : "Aujourd'hui, je me suis levée et j'ai entendu aux infos que l'armée avait tiré sur une voiture et tué par erreur un père et son fils. Puis une bombe a explosé devant un commissariat sur l'une des avenues principales de la ville. C'est le genre de nouvelles que l'on entend chaque jour à Monterrey et au Mexique. La violence est devenue ordinaire et naturelle. On peut sentir la mort.". Aux dernières nouvelles, le groupe est en pause et ne joue plus. Il ne s'est pas séparé pour autant. Les deux membres de XYX participent à d'autres projets. Mou joue dans un autre groupe, au Mexique, et Anehlo (qui vit aujourd'hui au Texas) s'occupe d'un projet solo "6 dias en clona". Il y aurait suffisamment de nouveaux morceaux de XYX pour annoncer un nouveau disque, sans doute l'année prochaine. D'ici là, je vous propose d'écouter "Microvibraciones", un des très bons morceaux du premier disque (et le plus long qu'ai enregistré le groupe à ma connaissance, plutôt habitué à des morceaux de moins de deux minutes) :


            PS: pour les curieux, les deux disques du groupe sont dispo en libre téléchargement sur le site du label du groupe à l'adresse http://www.nenerecords.net/

            30 novembre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 30 novembre 2010

            Il aura fallu braver le froid et la tempête de neige, cette fois-ci, pour faire cette émission mais, ce coup-ci, l'émetteur marchait bien et j'ai donc pu passer les disques que je voulais vous faire écouter la semaine dernière ! Au menu, aujourd'hui, il y avait donc : un hommage aux musiques des films policiers des années 60 (Quincy Jones, Lalo Schiffrin), des groupes de punk (Turboslut, Picasso Trigger), du post-punk/no wave/rock indé (Death Sentence Panda, 23 Skidoo, Aids Wolf, PRE, Einstürzende Neubauten), une bonne dose d'électro (Sexy Sushi, Sir Alice, Brain Damage, M.I.A.) et puis aussi, pêle-mêle, Mansfield Tya, Cibo Matto ou encore Broken Social Scene. Comme d'hab', l'émission est en libre écoute et téléchargement ci-dessous et la liste des morceaux est à suivre dans les commentaires :


            Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")

            26 novembre 2010

            La Chanson de la semaine (31) : Superhero + Onanisme + Bouda is a material girl (Sir Alice)

            Sir Alice (de son vrai nom Alice Daquet) est tout à la fois musicienne, performeuse, plasticienne, vidéaste, diplômée en sciences cognitives et neurosciences et ancienne chercheuse à l'IRCAM. Depuis quelques années (son premier disque date de 2003...), elle se produit aussi bien sur des scènes rocks "traditionnelles" que dans des centres d'art contemporain à travers le monde. En cela, sa démarche "transgenre" (à tous les points de vue!) l'inscrit dans la lignée d'artistes comme les Chicks on Speed. Rien d'étonnant, donc, à ce qu'on ait retrouvé cette artiste sur l'excellente compilation Girl monster réalisée par ces dernières et qui regroupait, sur trois CDs, toute une série de groupes de rock, punk et électro féminins et féministes de ces trente dernières années. Depuis, je suis allé jeter une oreille attentive et toujours agréablement surprise sur ses différents disques : n°1, en 2003, n°2 en 2004 et ? en 2006, tous sortis sur le label Tigersushi. Les trois chansons mises ici sont extraites de n°2. Tandis que "Superhero" et "Bouda is a material girl" sont deux vraies petites bombes électroclash (chantées en français, ce qui n'est pas courant dans le genre), "onanisme" est un morceau plus lent et mystérieux. Une artiste à découvrir en trois étapes, ci-dessous :
            • d'abord, "Superhero" : pour se faire une petite idée de l'univers de "performeuse" de Sir Alice et du côté très théâtral de ses concerts, j'ajoute à la version album une vidéo live de ce morceau :



            • "Onanisme" :

            • "Bouda is a material girl" :

            25 novembre 2010

            Cinéma (3) : LES AMOURS IMAGINAIRES, de Xavier Dolan

            Ca faisait une éternité que je n'avais plus parlé de films sur ce blog... Il faut dire que je me suis peu rendu dans les salles obscures ces dernières semaines. Parmi les quelques films que j'ai quand même vu, rien ne m'avait emballé plus que ça. Jusqu'au film Les Amours imaginaires, donc. J'y étais pourtant allé sans grande conviction, juste par curiosité et encouragé par quelques bons retours. Et je ne l'ai franchement pas regretté. Comment dire ? Même si j'ai peur que ça fasse un peu niais d'écrire les choses comme cela : c'est un film charmant, très sensible, vraiment touchant. L'histoire est assez simple : deux amis, un garçon et une fille, sont irrésistiblement attirés par une sorte de bel Apollon, blondinet aux cheveux bouclés, drôle, cultivé, etc. etc. A partir de là, le film montre l'espèce de raz de marée que provoque cette rencontre chez ces deux personnages, le trouble et cet emballement de l'imagination, ce mélange d'excitation et d'angoisse, qui nous envahit quand on se sent irrésistiblement attiré-e par une personne, alors qu'on n'ose pas encore lui avouer cette attirance et qu'on se demande si cet attachement est réciproque ou pas, en bref : ces grandes histoires d'amour imaginaires qu'on se met parfois à fantasmer alors. A cela s'ajoute, dans le cas présent, la rivalité qui naît entre les deux amis follement épris d'une même personne. Raconté comme ça, ça peut ne pas déclencher un enthousiasme fou (d'où le peu de conviction initiale dont je parlais). Rien de bien neuf, dans le fond : c'est l'illustration de ce que Stendhal appelait la "cristallisation". Et pourtant ce film est une petite merveille, à la fois drôle et émouvant, cernant de façon très juste son sujet. Les acteurs sont excellents et le tout est filmé avec un indéniable talent. L'utilisation de la musique est parfaite et le réalisateur (Xavier Dolan) excelle dans ces ralentis très sensuels, cette façon de filmer les corps ou de saisir le trouble sur un visage. Pour tenter une comparaison qui vaut ce qu'elle vaut, Les Amours imaginaires est la parfaite combinaison entre In the mood for love et Shortbus...

            23 novembre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Problème émetteur, émission annulée...

            Si jamais vous avez essayé d'écouter Radio Canut cet après-midi sur la bande FM, vous avez dû remarquer qu'il y avait un problème, puisqu'il n'y avait aucun son (via internet, ça marchait, apparemment...). Le bug ne venait pas de la radio mais des antennes relais de la TDF... Bref, après avoir quand même passé quelques disques (dans le doute...) et lancé quelques pathétiques et désespérés appels du genre "hey ! vous m'entendez ou y a tout qu'est pété ?!" que seul-e-s les auditeurs-trices internet auront eu le plaisir d'écouter, j'ai dû me résoudre à arrêter l'émission. Bon, au moins, je sais déjà ce que je vais passer comme disques la semaine prochaine...

            21 novembre 2010

            La Chanson de la semaine (30) : A+ Cannibal (Death Sentence: Panda!)

            La première fois que j'ai vu Death Sentence: Panda! en concert (youpi ! une anecdote personnelle...), c'était l'année dernière, à Hambourg, par hasard. C'était au Rote Rosa, un grand squat aux murs extérieurs entièrement recouverts de graffs. L'affiche de la soirée annonçait une série de groupes estampillés "no wave", l'endroit avait l'air sympa, alors... Et il faut avouer que ce fut une drôle de claque ! Un concert furieux, à base de chanteuse sur 3000 volts, de batteur convulsif, de flute traversière (oui, vous avez bien lu ! jamais on n'avait utilisé cet instrument dans une telle musique !) et d'une clarinette posée sur un micro produisant un son totalement saturé absolument incroyable. Bref, un véritable Objet Musical Non-Identifié... Quand le free-jazz rencontre la no wave rencontre la noise rencontre le punk : un cocktail explosif, une énergie incroyable, oui, une sacrée claque... Dimanche dernier, ils étaient en concert à Lyon, au Grrrnd Zero Gerland (avec SIDA, Bronze et Massicot) et c'était toujours aussi bon ! J'espère pour vous que vous n'avez pas raté ça (et si c'est le cas, ce n'était pourtant pas faute d'avoir annoncé le concert - morceau à l'appui - dans mon émission !)... Au deuxième rappel, ils-elle ont terminé avec le morceau "A+ Cannibal". Quand j'ai quitté la salle, encore sous le choc, je marchais comme un fou dans la rue, agité de petits spasmes nerveux. Le morceau est extrait de l'album "Puppy Kitty or both", un huit titres (dont pas un seul qui dépasse les deux minutes) sorti en 2005. Le premier vrai disque de ce trio de San Francisco, en fait. Depuis, ils ont sorti "Festival of ghosts" et "Insects awaken", deux autres disques excellents.


            A noter que ce morceau peut être téléchargé (ainsi que d'autres) sur le site de leur label ici

            17 novembre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Spéciale reprises (16 novembre 2010)

            L'émission "S.A.V." de ce mardi 16 novembre était entièrement consacrée à des reprises parfois improbables, parfois surprenantes, parfois logiques. Au programme, entre autres : Sonic Youth qui reprend The Stooges, Bratmobile qui reprend The Runaways, Mensch qui reprend The Smiths, Beirut qui s'attaque à Jacques Brel, Nirvana au Velvet Underground, Chicks on Speed à Malaria!, Hrsta aux Bee Gees, Rowland S. Howard et Lydia Lunch à un classique de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra ou encore Electralane qui reprend Leonard Cohen qui reprend Anna Marly... Pour le reste, du côté des "repreneurs" (si on peut dire !), il y avait aussi Free Kitten, The Cramps, Berurier Noir, The Slits, Mark Lanegan ou encore Lizzy Mercier Descloux. On verra bien si vous arriverez à reconnaître les originaux ! Leur nom est à suivre dans les commentaires (ainsi que la liste complète des morceaux). Comme d'hab', l'émission est en écoute et téléchargement ci-dessous :



            Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")

            12 novembre 2010

            La Chanson de la semaine (29) : Holiday (Hrsta)

            La chanson de cette semaine est la rencontre improbable entre deux univers que tout sépare : d'un côté, l'univers sombre et politisé du label Constellation Records et, de l'autre, la musique des Bee Gees (certes, celui de leur période rock des années 1960, très différent du disco des années 1970 qu'on connait le plus). En clair, que le groupe Hrsta (formé par l'un des membres initiaux de Godspeed You Black Emperor!) reprenne la chanson "Holiday" de ces derniers a franchement de quoi surprendre... Pourtant, il faut bien admettre que le résultat est une vraie réussite. Tandis que l'original est sorti en 1967, sur l'album "Bee Gees' 1st", la version de Hrsta date de 2007 et conclue l'album "Ghosts will come and kiss our eyes" (un programme bien peu "bee geesien"...). Le groupe s'approprie complètement cette chanson et l'intègre parfaitement à son univers. Entre les mains des musiciens de Hrsta, "Holiday" devient une chanson sombre et mélancolique. Son texte, chanté par Mike Moya, devient soudainement mystérieux et étrange et quand ce dernier se lance dans une série de "dadada" ceux-ci n'ont plus de rien de pop et de mélodieux mais prennent une tournure incantatoire et vous figent d'émotion. Bref, s'il faut bien admettre que l'original des Bee Gees était déjà, en soi, plutôt réussi (même si je n'aurai jamais pensé passer un jour une chanson de ce groupe sur ce blog...), la version de Hrsta est tout simplement magnifique. De quoi annoncer fièrement une émission spéciale de S.A.V., ce mardi 16/11, composée uniquement de reprises (préparez-vous à être surpris-es)...

            10 novembre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 9 novembre 2010

            Au programme, cette semaine : un début plutôt calme (Meat Puppets, Sparklehorse), deux extraits du nouveau Shannon Wright, du rock bruitiste et nerveux (Sonic Youth, Deity Guns, Ulan Bator, Lightning Bolt, Virago), un soupçon d'électro (M83, Portishead, Suicide) et un final explosif (SIDA, Death Sentence Panda). Comme d'hab', l'émission est en écoute et téléchargement ci-dessous et la liste des morceaux est à suivre dans les commentaires :


            Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")

            6 novembre 2010

            La Chanson de la semaine (28) : Violent Colors + Fractured + Under the luminaries (Shannon Wright)

            Il est un signe qui ne trompe pas : dès qu'une nouvelle chanteuse développe un univers sombre, mélancolique et nerveux, habitant des chansons tour à tour splendidement arrangées ou de véritables charges furieuses, chantant comme si sa vie en dépendait, le nom de Shannon Wright apparaît très vite au petit jeu des comparaisons. A ses débuts, on comparaît cette dernière à PJ Harvey. Aujourd'hui, elle est devenue une référence en soi. Il faut dire que l'américaine développe, depuis maintenant plus de dix ans, un univers très fort, immédiatement reconnaissable, une musique à fleur de peau où la mélancolie menace toujours de se transformer en rage. Une musique sur le fil du rasoir. Il faut l'avoir vu jouer sur scène, seule ou en groupe, avoir vu l'engagement incroyable qu'elle met dans sa musique, pour le comprendre et prendre la véritable mesure de cette chanteuse-guitariste-pianiste.
            Les trois morceaux choisis cette semaine sont tous extraits du nouvel album de Shannon Wright, Secret Blood. Ce disque (son neuvième) sort ce lundi 8 novembre, sur le label Vicious Circle. Sans que ce nouvel album marque une véritable innovation par rapport aux disques précédents, c'est une véritable réussite dans son genre.Comme les autres, il est marqué par une alternance de morceaux furieux, saturés par les guitares (Fractured, Commoner's saint...), et de splendides chansons sombres et mélancoliques où l'instrument principal est cette fois-ci le piano (On the riverside, Satellites...). Le morceau "Violent Colors" est un peu entre les deux : sombre, tendu, sans cesse au bord de l'explosion. Le calme avant la tempête, c'est certain ! Le morceau "Fractured", qui suit sur le disque et que j'ajoute ici, en témoigne. Enfin, le sublime "Under the luminaries" (qu'on avait déjà écouté dans l'émission S.A.V. de mardi dernier) illustre la tendance mélancolique de Shannon Wright, magnifique chanson au piano que je vous propose d'écouter pour terminer la présentation de ce nouvel album, et en attendant de découvrir d'autres morceaux dans l'émission de mardi prochain, sur Radio Canut :


            Pour info, Shannon Wright est en tournée en France au mois de novembre. Voici les dates :
            06/11 ANNECY (74) Le Brise Glace
            07/11 REIMS (51) Centre Culturel Saint Exupéry
            08/11 LILLE (59) Théatre Sebastopol
            09/11 EVREUX (27) L'Abordage
            10/11 ST NAZAIRE (44) Le Vip
            11/11 TOURS (37) Le Petit Faucheux
            12/11 MAGNY LE HONGRE (77) Fil 7
            13/11 ANGOULEME (16) La Nef
            14/11 TOULOUSE (31) Le Dynamo
            15/11 MARSEILLE (13) Le Cabaret Aléatoire
            17/11 VERONE (ITA) Interzona
            18/11 DUNDINGEN (SUI) Bad Bonn
            19/11 MACON (71) La Cave à Musique
            20/11 BOURGOIN JALLIEU (38) Soirée Rock and Girl
            21/11 PARIS (75) Maroquinerie 23/11 RENNES (35) Antipode
            A noter que, pour le concert du 20/11, à Bourgoin Jallieu, elle jouera avec Le Prince Miiaou, pour une soirée à ne rater sous aucun prétexte !

            2 novembre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 2 novembre 2010

            Programmation très variée, encore, cette semaine... Ca commence assez calmement (Gun Outfit, Mansfield Tya, Shannon Wright, Low...), on passe par quelques morceaux électro-rock (Mensch, Robots in disguise) puis ça se termine beaucoup plus énergiquement (Telecommande, The Pop Group, The Fakes, Liars, Stereo Total) - entre autres. Quelques nouveautés au passage (Mensch, Mansfield Tya, Shannon Wright) et plein de bons concerts lyonnais à annoncer (Liars, Mensch, Gun Outfit, Telecommande...). Comme d'hab', l'émission est en libre écoute/téléchargement ci-dessous et la liste complète des morceaux est à suivre dans les commentaires :



            Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")

            30 octobre 2010

            La Chanson de la semaine (27) : A little bit of arson never hurt anyone (Matson Jones)

            Comment jouer un rock indé brut, énérgique sans utiliser la moindre guitare ? Matson Jones réussit le pari avec seulement deux violoncelles, une basse et une batterie. Le quatuor, composé de Anna Mascorella, Martina Grbac (les deux violoncellistes-chanteuses du groupe), Matt Regan (basse) et Ross Harada (batterie), eut une existence éphémère. Formé au milieu des années 2000, à Fort Collins, dans le Colorado, il se sépare après un album sorti en 2005, un EP, en 2006, et une série de concerts paraît-il mémorables. Le nom du groupe ferait référence au pseudonyme utilisé par les artistes Robert Rauschenberg et Jasper Johns pour quelques oeuvres et installations réalisées en commun. Aux dernières nouvelles, trois des membres du groupe (c'est-à-dire : tous, à l'exception de Matt Regan) se seraient remis à jouer de la musique ensemble mais il s'agirait d'un tout nouveau projet sous un nom qui resterait encore à trouver... En attendant plus de nouvelles à ce sujet, je vous propose d'écouter un extrait de leur album de 2005. "A little bit of arson never hurt anyone" est un petit bijou de rock indé abrasif et nerveux, une musique rugueuse, explosive dont les équivalents sont sans doute à chercher du côté d'une PJ Harvey ou d'une Shannon Wright sous haute tension :

            26 octobre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Emission du 26 octobre 2010

            Après cette histoire du rock indé qui nous a bien occupée ces quatre dernières semaines (voir ici, ici, ici et ici), retour à la "normale" ce mardi avec une émission sans thème particulier, consacrée à des groupes de rock indé, de post-rock et de punk. Une programmation sombre, énervée et volontiers tournée vers l'expérimentation ! Au menu, entre autres : Gun Outfit, Raymonde Howard, Bästard, Yo La Tengo, Fly Pan Am, Slint, The VSS, Bratmobile, Subhumans, Shannon Wright, New Model Army, Electrelane, etc. Comme d'hab', l'émission est en libre écoute et téléchargement ci-dessous et la liste complète des morceaux est à suivre dans les commentaires :



            Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")

            23 octobre 2010

            La Chanson de la semaine (26) : Phaedra (Gun Outfit)

            Je n'ai pas beaucoup hésité, cette semaine, pour choisir ce morceau tant, depuis que j'ai vu Gun Outfit en concert vendredi dernier au Grrrnd zero Gerland, j'écoute en boucle le dernier album de ce groupe, Possession sound, et, en particulier, ce magnifique morceau, "Phaedra". La première fois que j'avais entendu parler de ce groupe, c'était il y a quelques mois dans l'excellent fanzine lyonnais Heartbeat (Julien, qui réalise depuis plusieurs années ce zine, s'est d'ailleurs occupé d'organiser toute la tournée européenne du groupe). L'évocation de références comme Dinosaur Jr, Sonic Youth, Meat Puppets, Neil Young ou les Vaselines avait suffi à exciter une curiosité en l'occurence bien justifiée. Après écoute, j'ajouterai juste à cette liste le nom de Yo La Tengo, pour ce mélange de rock indé et d'ambiances folk plus mélancoliques. Pour info, le groupe est originaire d'Olympia, aux Etats-Unis. Possession sound est leur deuxième album, après le précédent Dim light (on peut ajouter à cette discographie un premier 7" et une K7 de 8 morceaux live, demos et autres raretés vendue à la fin des concerts et dont, a priori, seuls 100 exemplaires auraient été sortis à en juger par la numérotation indiquée sur la K7).
            "Phaedra" est donc extrait de ce dernier disque, sorti ce printemps. Le chant est féminin ici (le groupe, comme certaines de ses références, alterne chant masculin et féminin), l'instrumentation simple (deux guitares et une batterie, pas de basse). C'est le morceau le plus fascinant et le plus beau de tout cet album, je trouve. Difficile de dire à quoi cela tient. Peut-être à ce son de guitares très particulier, à la limite du désaccordé, à la façon parfaite dont les guitares du groupe se mélangent (j'étais surpris, d'ailleurs, de voir que l'un des membres de ce trio jouait souvent sur une douze cordes électriques), à ce rythme lent et mélancolique, créant une atmosphère... comment dire ? je serai tenté d'employer le mot "épique" mais je sens bien qu'il ne convient pas. Ceci dit, à vous de vous faire une opinion en écoutant, ci-dessous, ce magnifique morceau :


            A noter que vous pouvez écouter (voire télécharger) ce morceau et trois autres sur le site de grrrnd zero, ici (faites défiler la page pour voir l'article voulu).

            21 octobre 2010

            Quelques nouvelles sur la situation lyonnaise...

            Je ne sais pas exactement quelles informations filtrent aujourd'hui dans les grands médias nationaux sur ce qui s'est passé et se passe dans les rues du centre-ville de Lyon en ce moment. Sans doute se contente-t-on de stigmatiser les "vilains casseurs" tout en décrédibilisant voire même en passant sous silence la nature politique de ce qui se passe. Notre gouvernement autiste a beau jeu de traiter par le mépris et la matraque les "débordements inacceptables" (comme il dit) de ce mouvement social d'ampleur rare quand il est le responsable de la révolte actuelle par sa politique puante et injuste de ces dernières années et quand il propose comme seul interlocuteur aux gens qui sont dans la rue les troupes d'élite du GIPN avec tout leur arsenal de gazs lacrymogènes, flashball, canon à eau et autres joyeusetés... Les choses ne vont pas en s'arrangeant et la répression sombre dans une violence de plus en plus démesurée et aveugle (voir ce qui s'est passé ce jeudi, place bellecour).
            Pour entendre un autre son de cloche que celui qui est généralement proposé et être informé en temps réel de ce qui se passe réellement, ce qui s'est passé et des prochains rendez-vous sur Lyon, je vous renvoie à deux sources :

            1. le site d'information rebellyon.info (d'où je tire d'ailleurs la photo de Fle-ur ci-dessus)
            2. une émission spéciale mise en place sur Radio Canut, "Passez le mot" dont je fais passer ci-dessous l'annonce :

            PASSEZ LE MOT !

            Reprendre en main l'information, s'organiser !

            Depuis vos boites, vos piquets, vos lycées, vos rues, faites passer l'info pour qu'elle soit relayée à la radio:

            par mail: lefildegreve (@) riseup.net

            par téléphone ou SMS: 07 60 21 25 58 (c'est un portable)

            Sur les ondes rebelles du 102.2, 3 rendez vous quotidiens (avec les compte rendus des AG, des manifs, des piquets de grèves des blocages etc) du lundi au vendredi:
            - à 13h: Flash passez le mot (en réécoute ici )
            - à 19h: Flash spécial dans les canut infos (en réécoute ici )
            - à 8h: Rediffusion du Canut Infos

            A écoutez aussi des reportages dans les manifs diffusé dans la dernière mégacombi ici

            Decès de Ari Up (The Slits)...

            Triste nouvelle : Ari Up, la chanteuse du groupe The Slits, est morte aujourd'hui... Plutôt que de me lancer dans une biographie posthume pesante, je me contenterai de vous renvoyer à ce que j'écrivais sur ce groupe et sa chanteuse il y a deux semaines de ça.

            19 octobre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Les Années 1960 (émission du 19 octobre 2010)

            Quatrième et dernière partie de cette histoire subjective du rock indé dans l'émission S.A.V., avec les années 1960 cette fois-ci (les 1970s, 1980s et 1990s en podcast sur ce blog). Après, promis, on revient à des choses plus récentes (encore que, comme d'hab', je mélangerai toujours allégrement les genres et les époques). L'occasion, à la fois, de revisiter quelques classiques (MC5, The Stooges, The Kinks, The Who, Pink Floyd, Velvet underground, Bob Dylan, The Beattles, The Rolling stones, Jimi Hendrix, The Animals...) et d'essayer d'exhumer quelques groupes beaucoup moins connus (Jonathan Halper, 13th Floor Elevator, The Soft Machine, The Monks, The Sorrows...). Comme d'hab', l'émission est en libre écoute et téléchargement ci-dessous et la liste complète des morceaux est à suivre dans les commentaires :



            Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")

            16 octobre 2010

            La Chanson de la semaine (25) : Monk Time (The Monks)

            The Monks est vraiment un drôle de groupe. Libérés du service militaire qui les avait entraîné en Allemagne, Gary Burger, Dave Day, Eddie Shaw, Larry Clark et Roger Johnston (tous américains) décident de rester en RFA et forment ce groupe au début des années 1960 (après s'être d'abord appelés The Torquays). Ils se produisent alors sur scène entièrement habillés en noir, avec une corde autour du cou et arborant fièrement une tonsure de moines ! En 1966, ils sortent leur premier et unique album (leur maison de disque ne les resignera pas après ce premier essai...), intitulé Black Monk Time. Leur musique est assez inclassable : rythmiques endiablées, claviers agressifs, chansons ne respectant aucune structure classique du type couplet/refrain, chant hurlé avec paroles énigmatiques (du style : "James Bond who was he?", "you're a monk, i'm a monk, we're all monks", "it's beat time, it's hop time, it's monk time now !"), musique frénétique qui dégage une énergie incroyable et banjo électrique à 6 cordes en guise de guitare ! Je vous ai suffisamment intrigué-es ? Alors, écoutez vite le morceau "Monk time" qui ouvre cet album, ci-dessous, en attendant de le retrouver dans l'émission de S.A.V. spéciale années 1960, ce mardi 19 :

            12 octobre 2010

            S.A.V. sur Radio Canut : Les Années 1970 (émission du 12 octobre 2010)

            Après les années 1990 et 1980, troisième et avant-dernière partie de cette histoire subjective du rock indé de S.A.V. consacrée, cette semaine, aux années 1970. Au programme, une sélection qui va des classiques du début de la décennie (Lou Reed, Neil Young, David Bowie, Patti Smith, The Neon Boys, The Runaways) à la toute fin des années 70 (Teenage Jesus and the Jerks, Suicide, Joy Division) en passant par la scène punk (The Damned, Crass, Black Flag, The Clash, X-Ray Spex, The Slits, Richard Hell and the Voidoids) et quelques inclassables (Kraftwerk). La liste complète des morceaux est dans les commentaires. Comme d'hab', vous pouvez écouter et télécharger le podcast de l'émission ci-dessous :



            Pour télécharger le podcast de l'émission (fichier mp3), cliquez ici (clic droit puis "enregistrer la cible du lien sous...")

            9 octobre 2010

            La Chanson de la semaine (24) : Typical Girl (The Slits)

            Moins connu que des groupes comme Crass, The Damned ou, bien sûr, les Clash et les Sex Pistols, The Slits est pourtant un des groupes majeurs de la scène punk anglaise de la fin des années 1970. Le groupe se crée durant l'été 1976 autour de sa chanteuse charismatique Ari Up (de son vrai nom Ariana Foster, qui n'a alors que quatorze ans !), Palm Olive (Paloma Romera, future membre de The Raincoats), Kate Korus et Suzi Gutsy - ces trois dernières étant vite remplacées par Viv Albertine (guitare), Tessa Politt (basse) et Pete Clark (plus connu sous le nom de Budgie, futur batteur du groupe Siouxsie and the Banshees). Rapidement, le groupe se démarque des groupes punk de l'époque par une musique qui intègre des influences reggae, world et dub. Leur musique est atypique, novatrice et fait de The Slits un groupe vraiment à part. Par leur démarche à la fois expérimentale et ludique, on les situe souvent aux prémisses de ce qu'on a appelé le "post-punk". Avec d'autres groupes dont elles sont proches, comme The Raincoats, Kleenex/Liliput, Essential Logic, elles sont une des influences majeures pour toute la scène punk riot grrrl du début des années 1990.
            Leurs premiers enregistrements sont deux Peel Sessions (sorties en disque seulement en 1988). Leur premier album, Cut, sort en 1979. Même si ce disque, qui renferme un certain nombre de morceaux considérés aujourd'hui comme des classiques (Typical Girl, Shoplifting, Love und Romance, I Heard it through the grapevine...), est une vraie réussite, il ne rencontre que peu de succès et le groupe se fait virer de sa maison de disque. En 1981, elles sortent un deuxième album, Return of the giant slits, album si déroutant et original (intégrant des influences empruntées aussi bien au punk qu'au reggae, à la musique japonaise ou africaine, dans des morceaux sans véritable structure), que sa nouvelle maison de disque en fera une sortie très limitée. Il faudra attendre 2000 pour que cet album bénéficie d'une sortie digne de ce nom ! Le groupe se sépare au début des années 1980. Ari Up continue une carrière solo. Viv Albertine se lance dans la réalisation. The Slits s'est reformé récemment, avec une toute nouvelle formation, seule Ari Up restant des débuts. Après un maxi Revenge of the  killer slits, sorti en 2006, et une tournée avec Sonic Youth, le groupe a sorti un nouvel album en 2009, Trapped animal.
            La chanson "Typical Girl" est extraite de l'album de 1979, Cut. C'est même leur premier single. Non sans humour, le texte critique la place accordée aux femmes dans la société de leur époque et s'amuse à lister tous les clichés sexistes de leur temps sur cette figure artificielle de la "typical girl" (par exemple : "Typical girls are sensitive/Typical girls are emotional/Typical girls are cruel and bewitching/She's a femme fatale/Typical girls stand by their man/Typical girls are really swell/Typical girls learn how to act shocked/Typical girl don't rebel"). Le dernier couplet de la chanson résume l'essentiel du propos (les paroles complètes, ici)
            Who invented the typical girl?
            Who's bringing out the new improved model?
            And there's another marketing ploy
            Typical girl gets the typical boy
             Musicalement, c'est un vrai petit bijou à la fois léger, créatif et particulièrement jubilatoire ! J'en mets ici, à la suite, le clip de la chanson et la version uniquement musicale, juste en dessous :





            Pour rappel, on retrouvera The Slits et plein d'autres groupes dans l'émission spéciale de S.A.V. sur Radio Canut, consacrée, ce mardi 12 octobre aux années 1970.