Pulsallama fut un groupe à l'existence brève, formé au tout début des années 1980, à New-York, composé d'une douzaine de musiciennes qui forment une sorte d'étrange et géniale battucada punk, au sens de l'humour aiguisé. On ne compte qu'une poignée de morceaux enregistrés, et je ne leur connais que deux EPs sortis en 1981 et 1983 (si quelqu'un connaît d'autres morceaux, je suis preneur !). "The Devil lives in my husband's body" est le titre phare du premier d'entre eux. Côté musique, on a affaire à l'un de ces OMNI (objet musical non identifié) post-punk dont le groupe est coutumier : une armée de percussions, une vague mélodie légèrement dissonante en fond, un chant à la limite du spoken word et des choeurs collectifs. Dans le genre, je ne saurais trop vous recommander d'écouter la face B de ce EP, le génial "Ungawa Pt.2" (déjà passé dans mon émission, d'ailleurs), mon morceau préféré de ce groupe, que je vous mets à la suite du coup. Côté texte, "The Devil lives in my husband's body" donne le ton décalé et humoristique dont le groupe, là encore, est coutumier. Dans cette chanson, la narratrice raconte, effrayée, comment son mari s'enferme tous les soirs dans son garage et y pousse d'étranges hurlements... Elle décide alors d'appeler sa voisine Hilda (dont la principale caractéristique est de vivre avec 17 chats) pour exorciser son mari. Bref, une histoire bien barrée racontée avec beaucoup d'humour et un sens du grotesque très drôle ! Je ne résiste pas au plaisir de vous mettre, ci-dessous, le clip réalisé alors pour cette chanson qui, en plus de constituer une pièce très intéressante dans l'histoire de l'évolution du clip, se moque avec bonheur de la vie résidentielle des classes moyennes américaines (encore que la gelée verte du début fasse plutôt penser à l'Angleterre...) :
Et je rajoute donc, à la suite, le morceau "Ungawa Pt.2" :
Retour au coeur de l'actualité, cette semaine, avec toute une série de découvertes passionnantes, de disques récemment sortis et encore pas mal d'avant-premières. Au programme, de grandes épopées post/math/noise rock (Psychic Paramount, Explosions in the sky, Mogwai), de la folk/pop du meilleur goût (Johny Telafone, A Grave with no name, Veronica Falls, Eternal Summers), du rock indé classieux (Shannon Wright, Balkans, Yuck, Weird Era, Young Widows), le tout accompagné de quelques découvertes punk (Iceage, Bazooka, Woollen Kits). Le tout est à écouter/télécharger ci-dessous tandis que la playlist détaillée est dans les commentaires :
Le nouvel album de Mogwai, Hardcore will never die but you will, que le groupe vient juste de sortir sur son label Rock Action, n'est peut-être pas le meilleur disque du groupe. Il n'atteint sans doute pas les hauteurs de CODY ou de Young Team - les deux premiers et sans doute les deux meilleurs albums du groupe qui posèrent les bases de ce post-rock propre au groupe, ce mélange de lourdeur et de légèreté, de mélancolie et de charges furieuses au travers de longues plages instrumentales, entre suspension et explosion. Ce nouvel opus des écossais n'en vaut pas moins le détour. Certes, je reste peu emballé par l'utilisation de synthé sur plusieurs morceaux ou par certaines facilités et répétitions que n'évite pas toujours le groupe. Pourtant, quand on écoute un morceau aussi beau que ce "Letters to the metro", on reste subjugué comme aux premières heures par le talent dont sait faire preuve ce groupe. Ce titre justifie, à lui seul, de se pencher sur ce nouvel album. Porté par quelques accords plaqués de piano, le morceau progresse par boucles. Mogwai y excelle à créer, avec peu d'effets, une atmosphère très forte, à la fois apaisée et mélancolique, et, dès les premières secondes, on est pris par cette musique. L'effet est très vite addictif...
Une émission à large dominante punk/post-punk, cette semaine ! Au programme, toute une série de classiques (Wire, The Slits, The Au Pairs, GG Allin, The Damned, The Neon Boys, Bikini Kill, Minutemen, Berurier Noir, Lucrate Milk, The Scrotum Poles) mais aussi pas mal de groupes actuels comme Masshysteri, The Bombettes, XYX, Mind Spiders, TV Colours, Mika Miko et les lyonnais Baton Rouge et Télécommande. L'émission est en libre écoute/téléchargement ci-dessous et la playlist détaillée est dans les commentaires :
The Scrotum Poles est un groupe de punk écossais, formé à Dundee en 1978 et séparé en 1980, le genre de groupe obscur dont on aurait sans doute perdu tout souvenir sans les compilations Messthetics (le morceau ici choisi apparaît sur le premier volume de cette série) et la passion de quelques collectionneurs. Le genre de groupe dont aucun membre ne savait vraiment jouer d'un instrument au moment de sa formation (et guère mieux au moment de sa séparation) mais qui compense largement cette faiblesse "technique" par une énergie et une conviction dans sa musique propre aux meilleurs groupes de cette époque. Après le disque Auchmithie calling, sorti à 100 exemplaires en 1979 (en cassette), le groupe sort en 1980 le EP Revelation sur lequel se trouve "Pick the cat's eyes out". Le son est pourri, la musique enregistrée avec trois bouts de ficelle, le titre de la chanson tient sans doute de la blague de potache mais peu importe : on tient là un authentique tube punk/pop à la mode anglo-saxonne que je vous propose d'écouter et de découvrir ci-dessous (à moins que vous ne vous rappeliez de cette ancienne émission de S.A.V. ici) :
Ca fait donc vingt ans, aujourd'hui, que Gainsbourg est mort... Sur toutes les chaines télé, on ne parle pratiquement que de "gainsbarre", c'est-à-dire du personnage médiatique dans les années 1980. On en oublierait presque sa musique, dont la période la plus intéressante est bien antérieure à ces années-là. De mon point de vue, son meilleur album, l'Histoire de Melody Nelson, est aussi son dernier disque qui m'intéresse vraiment - le seul, à vrai dire, que j'écoute régulièrement. Il faut avouer que je ne suis pas forcément un grand fan du monsieur mais ce disque-là, franchement, c'est un chef d'oeuvre. Bref, plutôt que d'évoquer des histoires de billets brûlés à la télé, de marseillaise version reggae ou de "i want to fuck you" chez Drucker qui ne m'intéressent pas (sans parler de tous ses morceaux des années 1980 que je trouve sans aucun intérêt), je profite de cette occasion pour vous conseiller d'écouter (ou ré-écouter) cette Histoire de Melody Nelson, sortie en 1971 (en écoutant les morceaux dans l'ordre, bien sûr, ce que semble vouloir contrarier le lecteur ci-dessous !). En clair, plutôt que de pleurer les vingt ans de la mort de son auteur, si on fêtait les quarante ans de ce disque, à la place ?
Un programme assez varié et très riche, cette semaine ! Au menu : toute une série de nouveautés et d'avant-premières (Dodos, Shocking Pinks, Karaocake, Tune Yards, Vidéo, My Jazzy Child, Michel Cloup, Bobby, etc.), quelques vieux groupes à (re-)découvrir (Girls at our best, Wire...), un bref clin d'oeil à Serge Gainsbourg pour les 20 ans de sa mort (à un jour près) et un coup de projecteur sur le petit label australien Dream Damage avec plusieurs groupes à découvrir (TV Colours, Jonny Telafone, Teddy Trouble, Assassins 88, Danger Beach). Comme d'hab', l'émission est en libre écoute/téléchargement ci-dessous et la liste détaillée des morceaux est dans les commentaires :
Il arrive parfois (c'est très rare) qu'une chanson entre à ce point en résonance avec certains de vos souvenirs ou certaines de vos préoccupations que, dès les premières secondes, elle vous habite. Dans l'idéal, c'est ce qu'on peut attendre de n'importe quelle oeuvre d'art : qu'elle cristallise et exprime un certain état de la vie, un sentiment, un affect. De ce point de vue là, le dernier single de Michel Cloup, "Le Cercle parfait" (sorti le 22 novembre dernier), est une réussite totale. Le texte évoque avec pudeur et talent l'expérience nostalgique d'une séance de dérive où chaque lieu est chargé de souvenirs et du poids du passé. Tout commence ainsi : "Nous avons tracé un cercle au centre de la ville/au centre de la carte/nous sommes sortis et nous avons marché/toute la journée toute la nuit/Nous avons tracé un cercle et sommes revenus/à tous les endroits où nous avons vécu". Au cours de cette expérience, la mélancolie ("il faut dire ces derniers mois/j'ai comme un poids/qui ralentit quelque peu/le rythme de mes pas") cède peu à peu la place à une forme d'apaisement et nos deux promeneurs terminent leur dérive assis sur un banc, en silence, l'un contre l'autre. Ce très beau texte est porté par une musique du même niveau, assez épurée : une batterie (jouée par Patrice Cartier) et une guitare (qui sait se faire discrète, par moments, pour laisser la place au texte), c'est tout. Le résultat est une chanson qui pourrait bien vous serrer la gorge, par moment, à écouter tranquillement en se laissant embarquer par la musique et par le texte. Le tout est plus épuré et plus intimiste que les autres projets de Michel Cloup, comme Diabologum ou Expérience, plus émouvant aussi. L'album entier devrait sortir vers le mois de mai. Ca va être long d'attendre jusque-là...
J'ai toujours pensé que la question du solo de guitare opérait une division déterminante parmi les amateurs de rock : il y a ceux pour qui c'est l'âme même de cette musique, l'acmé de tout morceau rock qui se respecte, et ceux pour qui c'est juste une plaie (à quelques exceptions près, tout de même). J'appartiens à cette deuxième catégorie. Les longs débats enthousiastes pour déterminer qui de Jimmy Page, Marc Knopfler, Gary Moore ou Eric Clapton est le plus grand "guitar hero" m'ont toujours paru particulièrement ennuyeux. Et encore, on parle ici de guitaristes de talent... mais, à côté d'eux, combien de solos sans intérêts qui m'évoquent le plus souvent une sorte de concours de bite désespérant où il s'agit juste de savoir qui joue le plus vite le plus de notes dans des aigus criards ! Chaque jour, je rends grâce au punk de nous avoir (en partie) débarrassé de ce passage quasi-obligé, jusque-là, dans tout tube rock digne de ce nom. A la suite des punks, mes maîtres en matière de décharges soniques à base de guitare se sont toujours appelés Thurston Moore et Lee Ranaldo et sûrement pas Slash ou Kirk Hammett (c'est sans doute à cause du solo de guitare que je me suis très vite lassé du heavy metal et du hard rock...). Ca peut paraître anodin mais je me dis qu'il y a là deux philosophies de la musique (et pas seulement de la musique, d'ailleurs) qui s'affrontent... Enfin bref, pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? Parce que, l'autre jour, je suis tombé sur une vidéo sur le site d'EMA (cameouttanowhere.com), la musicienne dont je vous disais le plus grand bien et dont je vous proposais le nouveau morceau "the grey ship" à écouter/télécharger ici. Sur cette vidéo, on la voit en train d'enregistrer une partie de guitare pour la face B de son single ("kind heart"). Juste avant, je venais d'écouter un solo de Gary Moore dans une vidéo à l'occasion de sa mort... et, mince ! décidément, je préférerai toujours mille fois la décharge bruitiste d'EMA (à écouter/voir ci-dessous) à n'importe quelle partie de guitare de "parisienne walkways"...
Vous êtes nostalgiques et vous pensez qu'on n'a rien fait de mieux depuis Joy Division, New Order et Siouxsie and the Banshees ? Vous ne vous êtes jamais intéressés aux groupes du passé et vous êtes persuadés que tout ce qui sort aujourd'hui est tout beau tout neuf fraîchement tombé du ciel ? Dans les deux cas, l'émission S.A.V. de cette semaine est faite pour vous ! Pour suivre l'actualité musicale de très près, un constat s'impose, depuis quelques temps : les années 1980, après avoir incarné pendant longtemps le comble de la ringardise, sont aujourd'hui de partout et l'on redécouvre avec curiosité un son qui colle finalement très bien à notre époque. Quand on connaît un peu ses classiques, combien de fois par mois se dit-on "ouah, ce groupe me rappelle Joy Division (ou Cure ou Malaria!)" - les moins bons sans réelle innovation, les meilleurs avec un quelque chose de nouveau en plus. Du coup, au milieu d'une série d'émissions consacrées entièrement à l'actualité musicale, l'émission de cette semaine se penche avec attention sur ce phénomène actuel. Vous y découvrirez toute une série de nouveaux groupes excitants plus ou moins inconnus dont la musique témoigne de ce revival. Au programme, vous trouverez donc : Petra Schelm, Mode Moderne, The Soft Moon, Tearist, Beach Fossils, Mensch, La Femme, Squishy Squid, Salem... Et pour resituer les influences de tous ces groupes, j'ai décidé de passer aussi quelques artistes plus ou moins connus qui sont, eux, réellement des années 1980 (New Order, X-Mal Deutschland, Honey Bane, The Cure - je n'ai pas eu le temps de passer Malaria! mais je ne saurais trop vous conseiller d'aller écouter ce groupe ici avec musiques et vidéos à l'appui). L'émission est en libre écoute/téléchargement ci-dessous et la liste des morceaux est à suivre dans les commentaires :