Troisième et dernière étape de ce retour en musique sur quelques disques marquants de l'année. Au programme : de la folk étincelante, du garage/pop survitaminé et une découverte française de grand talent !
SISKIYOU, Siskiyou (Constellation Records) : Décidément, l'année 2010 aura été bonne du côté du label montréalais Constellation et apporte un vrai démenti à tous ceux qui glosent sur le déclin du label et sa difficulté à renouveler ses productions... Nouvel arrivé, Siskiyou s'inscrit dans la ligne récente du label : une folk brute et élégante arrangée avec sobriété et un indéniable talent. Une musique qui évoque les grands espaces désertiques, quelque part à la tombée de la nuit (Siskiyou est le nom d'une région montagneuse sauvage au nord de la Californie). A mon humble avis, le meilleur album de folk de l'année... Ci-dessous, je vous propose d'écouter le morceau "Never ever ever ever again" :
LE PRINCE MIIAOU, Safety first (autoproduit) :Premier véritable album (autoproduit, ce qui mérite d'être signalé...) du Prince Miiaou (après un EP du même nom), Safety first est une vrai réussite. Pour situer un peu son univers, ces chansons assez sombres (souvent en anglais, parfois en français) évoquent parfois quelques très bonnes références dans le genre comme Mansfield Tya ou Laetitia Sheriff. Un nouvel album devrait arriver en 2011 et je suis de ceux qui l'attendent avec beaucoup de curiosité ! Pour l'instant, je vous propose d'écouter "our tale", le premier morceau de ce disque, ci-dessous :
HARLEM, Hippies (Female Fantasy/Matador Records) : Harlem, c'est la bouffée de bonne humeur et d'énergie positive de l'année, un disque de garage rock/pop directe branchée sur 10 000 volts, le genre d'album qui donne envie de gigoter dans tous les sens. Idéal pour terminer en beauté cette petite rétrospective. Comme j'en parlais récemment plus en détail sur ce blog (c'était ici, avec deux morceaux en écoute : http://seul-avec-vous.blogspot.com/2010/12/la-chanson-de-la-semaine-34-gay-human.html), je ne m'éternise pas trop sur le sujet et me contente de vous proposer un troisième morceau ("friendly ghost") extrait de ce disque :
Deuxième série d'albums sortis en 2010, de groupes nettement moins connus, cette fois-ci. Deux découvertes marquantes de l'année, dans un genre très différént, à (re-)découvrir en musique ci-dessous :
GUN OUTFIT, Possession Sound (PPM records) :Une des très bonnes découvertes rock indé de cette année ! Le genre de groupes qu'on n'attendait pas, on retient vaguement son nom après avoir lu un fanzine puis on écoute quelques mesures d'un morceau sur internet et, hop !, on se retrouve à les voir deux fois de suite en concert à trois semaines d'intervalleet on devient totalement accro à son disque, écoutant jusqu'à dix fois par jour le superbe morceau "Phaedra" dont on se dit, avec le recul, que c'est assurément l'une des meilleures choses qu'on ait entendu cette année.Je vous parlais déjà avec enthousiasme de ce groupe ici-même il y a quelques semaines et je vous renvoie à ce que j'écrivais alors pour plus d'infos... (voir : http://seul-avec-vous.blogspot.com/2010/10/la-chanson-de-la-semaine-26-phaedra-gun.html) Je vous mets "New Love Thunder" à écouter ci-dessous et rajoute "Phaedra" à la suite, juste pour être sûr que vous irez bien écouter le morceau !
ELFIN SADDLE, Wurld (Constellation records) : Une vraie curiosité, ce petit disque (trois titres seulement, mais pour une demi-heure de musique, au final), sorti chez Constellation, en édition limitée accompagnée d'un court-métrage réalisé par les deux membres du groupe (Emi Honda et Jordan McKenzie) - la musique du premier morceau, longue pièce instrumentale de 15min et quelques, étant la bande-son du film. Essentiellement instrumentale (contrairement au précédent disque du groupe, le génial Ringing for the begin again, sorti l'année dernière), Elfin Saddle joue une musique à la fois organique et expérimentale à base d'étranges instruments. Autant dire que c'est le genre de musique qui ne peut véritablement s'apprécier que sur toute sa longueur. Alors, un conseil, installez-vous confortablement et prenez le temps d'écouter tranquillement Wurld :
Ah oui ! au fait, il n'y aura pas d'émission de S.A.V. ce mardi 28/12, sur Radio Canut. On se retrouve le premier mardi de janvier (le 04/01), à 17h, comme d'hab', pour la prochaine émission ! D'ici là, bonne fin d'année et la suite de ma petite rétrospective musicale 2010 est à suivre sur le blog.
Pas de "chanson de la semaine" pour cette fin d'année 2010 mais, à la place, je vous propose de revenir en musique sur quelques albums marquants de l'année. Les prochains épisodes de cette "rétrospective" subjective à suivre dans les prochains jours... Je commence cette série de posts par les grands groupes qui nous ont régalé d'un nouveau disque cette année :
Thee Silver Mount Zion Memorial Orchestra, Kollaps Tradixionales (constellation records) : au moins, avec ce groupe montréalais, on n'a jamais de mauvaise surprise et on sait toujours à quoi s'attendre... autrement dit : de longues plages instrumentales, de grandes envolées lyriques, de furieuses décharges sonores qui alternent avec de longs développements mélancoliques, le tout dans une ambiance de fin du monde et de révoltes qui grondent. Peut-être pas le meilleur disque du groupe mais un album réussi quand même avec quelques très bons moments comme ce "Kollaps tradicional (bury 3 dynamos)" :
Shannon Wright, Secret blood (vicious circle) : encore un album sombre, rugueux où, comme à son habitude, Shannon Wright alterne les décharges sonores furieuses et les plages mélancoliques superbes et tourmentées. Vu sur scène récemment, la chanteuse/guitariste/pianiste est une présence sombre et mystérieuse, légèrement autiste (pas un mot du concert, le visage tout du long caché par ses cheveux) et incroyablement habitée dès qu'elle se met à chanter. Plusieurs morceaux de cet album sont à écouter sur ce blog à l'adresse suivante : http://seul-avec-vous.blogspot.com/2010/11/la-chanson-de-la-semaine-28-violent.html. Je remets juste le morceau "Under the luminaries" ici mais vous pouvez aller écouter les chansons "Violent colors" et "Fractured" (Shannon Wright sur son versant électrique) à partir du lien ci-dessus :
The National, High Violet (4AD) : cinquième album du groupe new-yorkais, aussi élégant que les précédents mais aussi plus sombre (un simple regard sur les titres des chansons suffit à donner le ton : "terrible love", "sorrow"...). Un peu plus difficile d'accès que Boxer, plus grave et peut-être un ton légèrement en dessous, ce disque n'en referme pas moins quelques magnifiques morceaux, tels "terrible love" :
Mansfield Tya, La Petite troupe ne connaît pas la peur (vicious circle) : sorti cet automne en édition vynile limitée à 500 exemplaires, ce disque ne renferme que deux titres dont un seul inédit "Refaire tout comme hier". A l'heure où il est coutume de prendre de bonnes résolutions, pas sûr que ce titre soit de bon conseil. Ici, la mélancolie et la beauté des morceaux de Mansfield Tya croisent l'humour et le sens de la provocation de Sexy Sushi (projet parallèle de Julia Lanoë). Une chanson très ambiguë, au final, où le désespoir s'accompagne d'un étrange sourire. Juste de quoi attendre avec encore un peu plus d'impatience le prochain véritable album du duo annoncé pour fin 2011.
Sinon, dans les mauvaises nouvelles de l'année, 2010 a été marquée par la disparition de deux grandes figures, Mark Linkous, de Sparklehorse, et Ari Up de The Slits... Je parlais de leur musique ici et ici
Retour à une programmation plus "électrique" après la spéciale folk de la semaine dernière. Au programme : The Au Pairs, Elfin Saddle, Harlem, The Avengers, Thee Silver mount zion, Gun Outfit, Matson Jones, The Lies, Marnie Stern, The Bombettes, Circle Pit, Pierre et le loup (deux albums en libre téléchargement ici et ici), une avant-première de Mogwaï, Raymonde Howard... Comme d'hab', l'émission est en libre écoute/téléchargement ci-dessous et la liste des morceaux est dans les commentaires :
C'est avec un peu de retard que je vous parle de cet album sorti au début du mois d'avril 2010 mais mieux vaut tard que jamais, non ? Il faut dire, pour mon excuse, qu'à l'époque ce blog n'existait pas encore et que je n'étais pas alors au mieux de ma forme. Ceci dit, après coup, je me dis que ça m'aurait fait le plus grand bien d'écouter ce disque à ce moment là car Hippies, deuxième album du groupe Harlem sorti sur le label Matador, fait l'effet d'une cure intense de vitamine C. Le disque est composé de 16 morceaux garage/pop/rock indé du plus bel effet, tous frétillants et sautillants de partout. Je garderai, certes, les qualificatifs de "génial", "inouï" et "inédit" de côté tant ces morceaux de 2min et quelques chacun n'ont rien de franchement novateurs. Ce n'est pas une raison pour bouder son plaisir pour autant. En ces temps de grand froid, ce genre de musique qui vous botte l'arrière-train, vous met des fourmis dans les jambes et vous donne envie de gigoter du bassin, ça ne fait jamais de mal, non ? Alors, je vous propose d'écouter avec moi "Pissed", un morceau tout plein de surprises et de rebondissements que je vous recommande chaudement... et puis, comme une double dose de vitamine C en intraveineuse vaut mieux que deux (et que je suis un garçon très sympathique), je mets à la suite "Gay human bones" qui sonne un peu comme des Pixies sous euphorisant, je trouve (si ça, ça vous donne pas envie d'écouter...) !
Un ami grenoblois - qui, depuis quelques temps, sort tout un tas de chouettes fanzines comme Siamois (avec Girlzilla), Impression(s) et des brochures politiques éditées sous le nom ironique "j'appelle les flics" - vient de compiler toute une série de textes sur la situation du graff, sa récupération marchande et politique actuelle et les enjeux politiques au coeur duquel il se trouve en ce moment. On y trouve, dans la première partie, une série de textes concernant la situation à Grenoble mais aussi à Lyon (avec la réédition du texte de ma brochure "Faut-il lâcher les bombes ?"), Lisbonne (des photos ici), Paris et Angers. Je reproduis ici une partie du texte d'introduction écrit par Chivain et donne, ci-dessous, un lien pour télécharger la brochure en format numérique :
"Le propos général de cette compile d'articles est de montrer que le graffiti légal, de commande, policé pour rentrer dans les cadres des institutions, sous couvert de citoyennisme artistique, participe pleinement au maintien de l'ordre et à la création de villes-spectacles qui voudraient ignorer les questions politiques de fond. Deux faces d'une même pièce. Côté pile, acceptation voire promotion d'un certain type de créations, faîtes d'une certaine manière, à certains endroits, avec un certain contenu. Côté face, rationalisation de l'espace, surveillance généralisée, bétonnage et répression. A mon sens, le côté pile, en se cantonnant dans l'esthétique, ne fait que décorer le côté face, ce qui est, pour rester poli, passablement énervant."
Un lien pour télécharger la brochure : cliquez ici
NB: "j'appelle les flics" vient aussi de sortir une brochure qui critique myspace et dont le titre résume assez bien le propos "Myspace ? pas besoin de cette merde !", disponible en libre téléchargement à l'adresse suivante : http://taenia-solium.net/doc/myspace_pas_besoin_de_cette_merde.pdf
Dans les deux cas, un contact : chivain[at]no-log.org
Programmation 100% acoustique, cette semaine, avec une spéciale folk (au sens large du terme). Au programme, quelques incontournables (Neil Young, Woody Guthrie, Bob Dylan, Michael Hurley, Johnny Cash ou Exuma), des groupes de folk punk (Meat Puppets, Violent Femmes...), de l'anti-folk (The Moldy Peaches), de la folk lyonnaise (Le Passage du Nord-Ouest > un contact ici), mais aussi de la musique tzigane (Taraf de Haidouks), du fado portugais (Berta Cardosa) et une immersion dans un pub irlandais (The Pogues). Dans le dernier quart d'heure de l'émission, Ananda, un autre musicien folk autoproduit, est venu jouer en direct trois morceaux et parler de son album We will go. Comme d'hab', l'émission est en libre écoute/téléchargement ci-dessous et la liste des morceaux est à suivre dans les commentaires :
Pour conclure la spéciale folk de S.A.V. sur Radio Canut, ce mardi 14 décembre, Ananda, musicien folk lyonnais autoproduit (et, par ailleurs, star internationale en Corée du Sud, si si, demandez lui !), est venu parler de son album We will go (sorti le 17/12) et jouer trois morceaux en live ("Fly", "Peaceful man" et "Away") dans mon émission. Interview et live sont à écouter et à podcaster ci-dessous :
Ananda sera en concert le 17/12 au Phoebus (Lyon), le 7/01 à l'Abracadabar (Paris), le 13/01 à L'Atmosphère (Lyon), le 14/01 au Verre à soi (Crest) et le 24/03 à l'Absinthe (Lyon).
Son album sera en écoute libre sur deezer, à partir du 17/12 et il a un myspace ici.
C'est de la folk - et de la meilleure espèce - qui est à l'honneur cette semaine ! Michael Hurley est une figure majeure du genre, depuis 45 ans qu'il sort des disques (son premier album, First songs, date de 1965), bien qu'il n'ait jamais eu le succès d'artistes comme Bob Dylan ou Neil Young. Ce chanteur/guitariste/pianiste/violoniste américain est né en 1941. C'est une sorte de hobo des temps modernes. Il a sorti une bonne vingtaine de disques depuis les années 1960 - peignant, au passage, la plupart des pochettes de ses albums dans un style à la fois psychédélique et enfantin (au sens où certains de ses dessins feraient de très belles illustrations d'albums pour enfants). La chanson "light green fellow" est d'abord sortie en 1971 sur son deuxième album, Armchair boogie. Dans cette version originale, un violon accompagne le duo chant/guitare. On en trouve cependant une autre version (sans doute une démo maison, vu la faible qualité du son), sur le disque Parsnip snips, sorti lui en 1996. Cette deuxième version est beaucoup plus brute, énergique. Le violon a disparu et laisse la place à un battement qui supporte tout le morceau. Au final, même si je donne ci-dessous les deux versions et que la première est très belle, c'est peut-être cette dernière que je préfère. C'est elle que je mets donc en premier avec, à la suite, la version de Armchair boogie. De quoi annoncer, au passage, une "spéciale folk" (au sens large du terme) dans mon émission de ce mardi 14/12, à 17h, sur Radio Canut.